À Kamsar, le marché Sahara s’est imposé comme l’un des poumons économiques les plus animés de la ville. Cependant, cette vitalité commerciale s’accompagne d’un engorgement routier grandissant. Car, les motos-taxis congestionnent la circulation, faisant planer le spectre d’accidents à répétition.
Aux abords du marché Sahara, la scène est devenue coutumière, des rangées de motos-taxis alignées en bord de chaussée, des conducteurs en quête perpétuelle de clients, et des automobilistes contraints de se frayer un chemin parmi des piétons traversant à leurs risques et périls. Aux heures de pointe, le secteur tourne au véritable casse-tête. En s’immobilisant au milieu de la voie ou sur les bas-côtés, les tricycles et deux-roues réduisent considérablement la largeur praticable, provoquant des embouteillages interminables.

Le développement des motos-taxis répond pourtant à un besoin crucial de mobilité dans une localité où les transports en commun demeurent insuffisants et certaines artères difficilement praticables. Mais leur concentration massive autour des zones d’affluence pose aujourd’hui un réel défi d’aménagement et de régulation.
Manœuvres brusques pour devancer un client, changements imprudents de direction entre les voitures, ces comportements à risque, combinés à la densité du trafic, accroissent la vulnérabilité des usagers. L’ombre des drames récents plane encore sur la ville, à l’image de la collision mortelle survenue en avril 2026 entre un poids lourd et une moto au carrefour Kawass.

Le désordre ambiant ne saurait toutefois être imputé aux seuls motocyclistes. L’encombrement du marché Sahara résulte d’une pression globale sur l’espace public ; étalages de commerçants débordant sur la voie, stationnement désordonné des véhicules particuliers et déplacements piétons mal sécurisés.
À cela s’ajoute la fragilité des infrastructures. En juin 2025, de fortes précipitations avaient provoqué d’importantes inondations dans ce secteur, mettant en lumière l’absence de bitumage et le manque de canalisations adaptées pour l’évacuation des eaux de ruissellement.
Le cri du cœur des riverains : « Nous avons peur pour nos enfants ».
Cette précarité sécuritaire suscite une vive inquiétude chez les habitants des quartiers environnants, notamment à Filima. Rencontré à proximité du marché, un citoyen témoigne du calvaire quotidien des riverains : « La situation devient vraiment difficile. Au niveau du marché Sahara, les motos-taxis occupent presque toute la route. Ils s’arrêtent n’importe où pour chercher des clients et roulent parfois à vive allure. Nous avons peur pour nos enfants et nos aînés lorsqu’ils doivent traverser », confie-t-il.

Il a aussi dit : « Quand les motos s’accumulent, les voitures ne peuvent plus circuler. Chacun force le passage et cela crée des bouchons, voire des accidents. Nous ne sommes pas contre les conducteurs de motos-taxis car ils rendent un service précieux à la population, mais il faut impérativement organiser leur activité. »

Pour concilier l’activité économique du marché et la fluidité de la circulation, les acteurs locaux et les usagers préconisent plusieurs pistes d’action : l’ aménagement d’aires de stationnement dédiées aux motos-taxis à proximité du marché pour désengorger la chaussée ; la réglementation stricte des points d’arrêt, de chargement et de débarquement des passagers ; le renforcement de la présence policière et des contrôles routiers aux points névralgiques ; les campagnes de sensibilisation sur le respect du code de la route et le partage de la rue.

L’enjeu pour les autorités communales et les services de sécurité de Kamsar est désormais d’instaurer un cadre réglementaire rigoureux afin que le marché Sahara demeure un pôle commercial attractif sans devenir un point noir de l’insécurité routière.

Ibrahima Sory Bangoura