Hissée au rang de préfecture, Kamsar entend désormais se hisser à la hauteur de ses nouvelles responsabilités administratives. Dans cette cité en pleine expansion, la salubrité et la modernisation du cadre de vie s’imposent désormais comme des priorités majeures pour les autorités locales et la population.
L’installation stratégique de poubelles publiques, la multiplication des opérations d’assainissement et le renforcement des campagnes de sensibilisation traduisent une volonté claire : faire de Kamsar une ville plus propre, mieux structurée et attrayante.

Longtemps confrontée au casse-tête de la gestion des déchets, la cité amorce une dynamique prometteuse. Dès février 2026, les autorités locales avaient donné le ton en engageant d’importantes opérations de déguerpissement et de libération des emprises publiques, visant le nettoyage ciblé des marchés et la résorption des dépotoirs sauvages.
Susciter un changement de comportement
L’alignement récent de poubelles dans les principaux espaces publics constitue le signe le plus visible de ce renouveau. Si le geste d’équiper la ville peut paraître élémentaire, il demeure un levier indispensable pour éradiquer les dépôts anarchiques et inciter à l’éco-citoyenneté.

Cette approche matérielle s’accompagne d’un travail de fond sur le terrain. En avril 2026, l’Agence Nationale d’Assainissement et de Salubrité Publique (ANASP) a ainsi orchestré une vaste campagne de sensibilisation en milieu scolaire, touchant près de 3 500 élèves. En plus du matériel distribué, la mobilisation d’ambassadeurs de la salubrité vise à ancrer durablement les reflexes d’hygiène dès le plus jeune âge.
Cependant, la mutation de Kamsar ne pourra reposer sur les seuls efforts des pouvoirs publics. Elle exige une synergie citoyenne impliquant riverains, commerçants, youth leaders, entreprises et acteurs communautaires. L’action conjointe amorcée en 2024 avec la création de la Société de Nettoyage, d’Assainissement, de Rénovation et de Curage (SONARC), soutenue par la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), avait déjà posé les jalons d’une réponse structurelle face à la pression démographique.

Du coup d’éclat à la gestion pérenne
L’enjeu majeur réside désormais dans la capacité à transformer ces initiatives ponctuelles en une véritable routine urbaine. Si les campagnes de propreté se sont succédé par le passé, le maillon faible demeure la régularité du service. Les accumulations d’ordures signalées dans certains quartiers en mai 2026 sont venues rappeler l’urgence de consolider l’ensemble de la chaîne : équiper, sensibiliser, collecter, évacuer et traiter.
Pour Soriba Bangoura, citoyen résidant à Kamsar, cette dynamique enclenchée reste une avancée réconfortante qui appelle néanmoins à la vigilance collective : « C’est une excellente initiative de voir des poubelles installées à travers la ville. Cela donne un cadre aux citoyens pour jeter leurs déchets. Mais il faut impérativement assurer un ramassage régulier. Il ne suffit pas de poser des bacs, il faut les vider à temps et poursuivre la sensibilisation. Kamsar est devenue une préfecture, nous devons en être fiers et offrir le visage d’une cité moderne, belle et accueillante. »

Pour cet habitant, l’impact dépasse le simple embellissement, il touche directement à la santé publique et à la protection de l’environnement.
À l’heure où Kamsar entame ce nouveau chapitre de son histoire institutionnelle, la gestion réussie de son environnement urbain pourrait bien devenir le premier symbole de sa modernisation.

Par Ibrahima Sory Bangoura