Les travaux de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée) se sont ouverts lundi 31 août autour d’un enjeu majeur de l’ère numérique qui est la régulation des réseaux sociaux face aux défis de la cybersécurité et de la préservation de la cohésion sociale.
Placée sous le thème : « La régulation des réseaux sociaux face aux défis de la cybersécurité et de la préservation de la cohésion sociale : quels mécanismes harmonisés pour les pays de l’UEMOA et la Guinée ? », cette rencontre statutaire réunit les instances de régulation de l’audiovisuel des pays membres.
Pendant deux jours, les participants échangeront sur leurs expériences, partageront leurs bonnes pratiques et examineront les réponses réglementaires face aux mutations rapides du secteur.
L’essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux a profondément transformé la production, la diffusion et la consommation de l’information. Si ces outils créent d’importantes opportunités pour l’expression et la participation citoyenne, ils posent aussi de lourds défis. Désinformation, discours de haine, contenus préjudiciables et cybermenaces constituent désormais des préoccupations communes.
Cette 12ᵉ Assemblée générale répond à la volonté des régulateurs de concevoir des mécanismes harmonisés, conciliant protection des citoyens, préservation de la cohésion sociale et respect des libertés fondamentales. Au-delà des réseaux sociaux, la rencontre permettra :
– D’examiner le bilan des activités du mandat 2024-2026 afin d’évaluer le chemin parcouru et d’en tirer les enseignements ;
– D’adopter le Plan d’Actions 2026-2028, nouveau cadre d’orientation fixant les priorités pour les deux prochaines années ;
– De renforcer la coopération interinstitutionnelle face à des phénomènes transfrontaliers qui nécessitent une action collective et coordonnée.
Dans son discours, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a rappelé la portée de cet événement : « Votre présence témoigne de l’attachement que nous accordons tous à la coopération entre nos instances de régulation (…). La question n’est plus de savoir s’il faut réguler, mais plutôt de déterminer comment réguler efficacement, de manière proportionnée et concertée, tout en préservant les libertés fondamentales. (…) Nous devons faire en sorte que la régulation accompagne l’innovation sans la freiner, protège les citoyens sans porter atteinte aux libertés et contribue à la stabilité de nos sociétés. »
Le président sortant de la PRA-UEMOA-Guinée, M. Pitalounani Telou, a quant à lui souligné l’urgence d’une approche globale : « L’évolution rapide des technologies numériques et l’explosion des réseaux sociaux ont considérablement transformé l’environnement dans lequel nos institutions exercent leurs missions. Notre conviction demeure que, face à des phénomènes transfrontaliers, nos réponses doivent être concertées et coordonnées. »
Représentant le gouvernement, le ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a rappelé le rôle central du cadre juridique : « Le développement des technologies ne saurait constituer un espace de non-droit. Les libertés fondamentales doivent y être garanties, mais elles doivent également s’exercer dans le respect des droits d’autrui et des lois de la République. Il nous appartient de rechercher un juste équilibre entre la protection de la liberté d’expression et la lutte contre les abus qui portent atteinte à la sécurité et à la cohésion sociale. »
Cette réunion consolide ainsi les bases d’une coopération renforcée pour bâtir un espace numérique sous-régional sécurisé, éthique et responsable.
Ibrahima Sory Bangoura