Les cadres de la Direction générale des investissements publics (DGIP) sont engagés, depuis le mardi 1er septembre, dans une session de renforcement des capacités consacrée aux fondamentaux, aux mécanismes et aux instruments de mise en œuvre du budget-programme. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de modernisation du système national de gestion des finances publiques et participe au processus d’appropriation progressive de la culture de performance au sein de la Direction.
Organisée autour de six modules, cette formation vise notamment à consolider les compétences des cadres de la DGIP en matière de programmation, de préparation, de budgétisation et de suivi de l’exécution des investissements publics, conformément aux principes de la gestion axée sur les résultats (GAR).
À l’ouverture officielle des travaux, ce mercredi 2 septembre, 𝐌𝐦𝐞. 𝐀𝐢𝐬𝐬𝐚𝐭𝐨𝐮 𝐘𝐚𝐫𝐢𝐚𝐭𝐨𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚, 𝐃𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐞 𝐠é𝐧é𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐬, a rappelé que la réforme budgétaire consacre un changement substantiel de paradigme dans la conduite de l’action publique. Désormais, l’analyse de la dépense publique ne saurait se limiter au niveau des crédits mobilisés ou consommés : elle doit également porter sur la qualité de l’allocation des ressources, l’efficience de leur utilisation et les résultats effectivement générés par les politiques publiques.
« Le budget-programme constitue l’une des importantes réformes de la modernisation des finances publiques, consacrée par la loi organique relative aux lois de finances de 2012. Il traduit le passage d’une logique de moyens à une logique de résultats. La DGIP se situe au cœur de cette transformation, notamment à travers la programmation des projets d’investissements publics en autorisations d’engagement (AE) et crédits de paiement (CP). Cette approche permet de retracer les engagements pluriannuels de l’État, de sécuriser la couverture financière des projets et d’améliorer la visibilité sur leur trajectoire d’exécution budgétaire », a-t-elle expliqué.
Cette évolution implique, en effet, une articulation renforcée entre la planification stratégique, la programmation des investissements publics, la programmation budgétaire et l’exécution financière. Le passage à la budgétisation en AE/CP constitue ainsi un instrument essentiel de maîtrise des engagements de l’État, particulièrement pour les projets d’investissement dont la réalisation s’inscrit sur plusieurs exercices budgétaires.
Pour le secrétaire général du ministère de l’économie des finances et du budget, M. Amadou Tidiane Touré, la Guinée est résolument engagée dans un processus de transformation de son système de gestion publique, visant à renforcer l’efficacité de la dépense, la transparence budgétaire et la soutenabilité des politiques publiques.
La création, en juin 2025, du Comité budget-programme, ainsi que l’introduction progressive d’une véritable culture de la performance, constituent, selon lui, des jalons importants de cette réforme. Ces évolutions consacrent un changement de paradigme dans la conception, l’allocation et le suivi des ressources publiques. « 𝑪𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒏𝒐𝒗𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒕𝒓𝒂𝒅𝒖𝒊𝒔𝒆𝒏𝒕 𝒖𝒏 𝒄𝒉𝒂𝒏𝒈𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒑𝒂𝒓𝒂𝒅𝒊𝒈𝒎𝒆 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒂 𝒈𝒆𝒔𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒏𝒄𝒆𝒔 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔. 𝑬𝒍𝒍𝒆𝒔 𝒅𝒐𝒊𝒗𝒆𝒏𝒕 𝒏𝒐𝒖𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒎𝒆𝒕𝒕𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒓𝒆𝒏𝒇𝒐𝒓𝒄𝒆𝒓 𝒍𝒂 𝒕𝒓𝒂𝒏𝒔𝒑𝒂𝒓𝒆𝒏𝒄𝒆, 𝒅’𝒂𝒎é𝒍𝒊𝒐𝒓𝒆𝒓 𝒍𝒂 𝒒𝒖𝒂𝒍𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒅é𝒑𝒆𝒏𝒔𝒆 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒈𝒂𝒓𝒂𝒏𝒕𝒊𝒓 𝒍𝒂 𝒔𝒐𝒖𝒕𝒆𝒏𝒂𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕𝒆́ 𝒃𝒖𝒅𝒈é𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒆𝒕 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒏𝒄𝒊è𝒓𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒋𝒆𝒕𝒔 𝒔𝒕𝒓𝒖𝒄𝒕𝒖𝒓𝒂𝒏𝒕𝒔 », a déclaré en substance 𝐀𝐦𝐚𝐝𝐨𝐮 𝐓𝐢𝐝𝐢𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐨𝐮𝐫é.
Pour sa part, 𝐌. 𝐏𝐢𝐠𝐚 𝐏𝐫𝐨𝐬𝐩𝐞𝐫 𝐓𝐚𝐩𝐬𝐨𝐛𝐚, 𝐞𝐱𝐩𝐞𝐫𝐭 𝐞𝐧 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫, a souligné la responsabilité particulière de la DGIP dans cette mutation du cadre budgétaire. « La DGIP est au cœur de la programmation et du suivi des investissements publics. Elle ne saurait, par conséquent, être en marge de cette innovation majeure que constitue le budget-programme », a-t-il relevé.
La formation s’articule autour de six modules fondamentaux : la définition et les fondements de la gestion axée sur les résultats ; le cycle de gestion axée sur les résultats ; les principes et mécanismes du budget-programme ; la planification et la programmation ; la préparation du budget-programme ; et, enfin, la budgétisation en autorisations d’engagement et crédits de paiement (AE/CP).
À travers cette session de renforcement des capacités, la DGIP entend consolider l’appropriation des outils de la réforme budgétaire par ses cadres et renforcer leur capacité à inscrire la programmation des investissements publics dans une logique de performance, de soutenabilité, de pluriannualité et de résultats mesurables.
Cette démarche contribue ainsi à faire de la programmation des investissements publics un véritable levier de discipline budgétaire, d’efficacité allocative et de transformation économique, en cohérence avec les exigences de modernisation de la gestion des finances publiques en République de Guinée.

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