De Kaloum à Lansanaya-Barrage, le constat reste alarmant, véhicules exposés sur les emprises routières, poids lourds stationnés le long des grands axes, engins abandonnés et garages à ciel ouvert. En dehors des embouteillages et des risques d’accidents, cette occupation irrationnelle ternit l’image de la capitale guinéenne. Face à cette situation, l’État doit passer des opérations d’évacuation ponctuelles à une véritable politique durable de gestion du stationnement.
Conakry est une capitale en pleine expansion, mais son développement urbain se heurte à l’occupation progressive de l’espace public par le parc automobile. À Kaloum, centre névralgique et administratif, l’absence d’infrastructures dédiées contraint les usagers au stationnement irrégulier sur presque tous les trottoirs et espaces publics.
Ce phénomène s’étend désormais à toute la périphérie. Sur l’axe Cimenterie à T10, par exemple, la présence massive de poids lourds le long des chaussées persiste, malgré les interdictions officielles. En réduisant la largeur utile des voies, ces pratiques étranglent la circulation et renvoient une image de désordre peu propice à l’attractivité économique et touristique de la ville.
La prolifération des parcs de vente de véhicules le long des artères principales aggrave ce constat. Si ces activités génèrent des revenus essentiels pour de nombreux opérateurs, leur installation sur les trottoirs dévoie la fonction première de la voie publique. La solution ne réside pas dans la suppression pure et simple de ces commerces, mais dans leur délocalisation vers des zones aménagées, sécurisées et réglementées, libérant ainsi les grands axes.
Si le diagnostic est connu et les arrêtés réglementaires (notamment sur les horaires de circulation des gros porteurs) existent déjà, le principal défi demeure l’application continue de la loi. L’action publique ne peut plus se limiter à des dégagements chirurgicaux à la veille d’événements officiels ; elle doit s’inscrire dans la durée et s’accompagner d’alternatives concrètes, telles que la création d’aires de stationnement sécurisées pour les transporteurs.
La modernisation de Conakry ne se mesurera pas seulement au nombre de kilomètres d’asphalte posés, mais à la capacité de la puissance publique à structurer l’espace urbain. Restituer les routes aux usagers et les trottoirs aux piétons est une nécessité : une capitale moderne n’est pas une ville sans véhicules, mais une ville où chaque véhicule occupe sa juste place.
BIS