Dans plusieurs quartiers de la capitale, le spectacle devient de plus en plus préoccupant. Des tricycles chargés d’ordures sont régulièrement stationnés au bord des routes, parfois pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, à proximité des zones de tri et de regroupement des déchets.

Ces véhicules, utilisés pour la collecte et le transport des ordures ménagères, jouent un rôle important dans l’assainissement des quartiers. Mais leur stationnement prolongé sur la voie publique soulève de nombreuses interrogations chez les riverains et les usagers de la route.
À certains endroits, les tricycles débordent de déchets avant même leur déchargement. Les mauvaises odeurs qui s’en dégagent, particulièrement sous la chaleur, rendent l’environnement difficilement supportable pour les habitants et les commerçants installés à proximité.
« Nous comprenons que ces tricycles participent à la collecte des ordures, mais ils ne devraient pas rester stationnés aussi longtemps au bord de la route », déplore un passant. Selon lui, cette situation donne également une mauvaise image du quartier et peut favoriser la dispersion des déchets.
Le stationnement de ces véhicules sur les accotements ou à proximité immédiate des chaussées peut également constituer un obstacle pour la circulation. Dans certaines zones, les automobilistes et les motocyclistes doivent parfois effectuer des manœuvres pour éviter les tricycles et les tas d’ordures qui les entourent.
Devant les zones de tri, la situation est parfois encore plus visible. Les déchets s’accumulent autour des véhicules, tandis que certains sacs éventrés laissent leur contenu se répandre sur le sol. En période de pluie, les eaux de ruissellement peuvent entraîner une partie de ces déchets vers les caniveaux, contribuant ainsi à leur obstruction.
Au-delà de la question esthétique, cette situation pose donc un véritable enjeu sanitaire et environnemental.
Pour plusieurs observateurs, le problème ne réside pas dans l’utilisation des tricycles eux-mêmes, mais plutôt dans l’organisation de leur stationnement, du tri et de l’évacuation des déchets.
Ils appellent les responsables de l’assainissement à mettre en place des espaces appropriés pour le stationnement temporaire des véhicules et à veiller à ce que les déchets soient rapidement transférés vers les sites prévus à cet effet.
Une meilleure coordination entre les collecteurs, les responsables des zones de tri et les services chargés de l’évacuation pourrait également permettre de réduire les temps d’attente et d’éviter que les tricycles chargés d’ordures ne deviennent eux-mêmes une source de nuisances.
Alors que l’assainissement demeure un défi majeur pour les villes en pleine croissance, la gestion des tricycles de collecte apparaît comme un maillon essentiel de la chaîne. Leur présence doit contribuer à rendre les quartiers plus propres, et non à créer de nouveaux points d’insalubrité au bord des routes.
Selon le témoignage d’une habitante du Km 36: « Nous sommes vraiment fatigués de cette situation. Ici au Km 36, les tricycles remplis d’ordures viennent se garer au bord de la route et parfois juste devant les zones de tri. Quand ils restent longtemps sans être vidés, les mauvaises odeurs deviennent insupportables, surtout avec la chaleur.
Nous avons des enfants, des familles et des commerces tout près. Nous avons peur des maladies et des conséquences sur notre environnement. Nous ne sommes pas contre la collecte des ordures, au contraire, nous voulons que nos quartiers soient propres. Mais il faut que les déchets soient rapidement évacués et que les tricycles ne restent pas stationnés au bord de la route.
Nous demandons aux responsables de prendre des mesures pour améliorer la situation. Le Km 36 mérite aussi un environnement propre et sain. »
Pour ce chauffeur de tricycle: « Nous aussi, les chauffeurs, nous sommes confrontés à beaucoup de difficultés. Il nous arrive de rester longtemps avec les tricycles remplis d’ordures parce que les espaces de déchargement ou de tri sont déjà saturés. Nous sommes donc obligés d’attendre au bord de la route.
Nous savons que les odeurs et les déchets dérangent les riverains. Ce n’est pas notre souhait de stationner ici. Nous voulons travailler correctement, mais il faut que les sites de tri et d’évacuation soient mieux organisés et que les déchets soient rapidement pris en charge.
Si les autorités mettent à notre disposition des espaces adaptés et améliorent l’évacuation des déchets, nous pourrons faire notre travail dans de meilleures conditions et éviter de gêner la circulation et les populations. »
Ibrahima Sory Bangoura