La décision du ministère de l’Environnement et du Développement durable d’instaurer un repos biologique de trois mois sur l’exploitation et la circulation du bois commence à peser sur le secteur artisanal à Labé. C’est notamment le cas des tapissiers, pour qui le bois constitue la principale matière première.
Dans la commune urbaine, les professionnels du métier tirent la sonnette d’alarme face à l’envolée des coûts. Mamadou Tanou Diallo, maître tapissier, témoigne des difficultés sur le terrain : « Avant, nous achetions le chevron ou la planche autour de 8 000 francs guinéens. Aujourd’hui, il faut débourser 15 000 francs. Cette hausse nous fatigue énormément car c’est un matériau indispensable à notre travail. »

Conscient des enjeux écologiques, Maître Diallo appelle néanmoins l’État à anticiper la reprise : « Nous comprenons la nécessité de protéger l’environnement, mais il faut aussi penser aux artisans qui en vivent. Nous demandons aux autorités d’agir dès la fin des trois mois pour rétablir rapidement la coupe et le transport du bois. »

De son côté, Maître Mamadou Saliou Bah partage ce constat, tout en prônant la modération vis-à-vis de la clientèle : « La rareté fait grimper les prix et alourdit nos charges. Toutefois, j’invite mes collègues à ne pas impacter excessivement les clients. Ces trois mois passeront vite ; nous devons éviter de leur faire porter tout le poids de cette crise. »

Loin de s’opposer aux mesures écologiques, les deux artisans appellent la profession à prendre sa part de responsabilité dans la préservation du couvert végétal. C’est dans cette optique que Maître Diallo a dit : « Si nous exploitons le bois pour notre métier, nous devons aussi contribuer à replanter des arbres. Le reboisement est vital pour préparer l’avenir. »

Les tapissiers de Labé espèrent donc qu’au terme de cette trêve de trois mois, un cadre réglementé permettra une reprise fluide et encadrée de la filière bois.

La rédaction