Le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à une nouvelle réorganisation de l’architecture gouvernementale en décidant de scinder le ministère de la Jeunesse et des Sports en deux départements ministériels distincts.
Cette décision, officialisée par un décret présidentiel lu à la télévision nationale, marque un retour à une gestion séparée des politiques publiques consacrées à la jeunesse et au sport. Désormais, le gouvernement comptera un ministère de la Jeunesse et un ministère des Sports, chacun appelé à conduire les réformes et les programmes relevant de son domaine de compétence.
Selon les dispositions du décret, cette réorganisation s’inscrit dans le cadre de la modification de la structure du gouvernement. En attendant la nomination des ministres qui dirigeront les deux nouveaux départements, l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports, Cellou Baldé, assurera la mise en œuvre des nouvelles dispositions et la continuité de l’administration.
Cette réforme intervient quelques mois seulement après la fusion des deux portefeuilles ministériels. Elle traduit la volonté des autorités de renforcer la gouvernance de deux secteurs jugés stratégiques pour le développement du pays. En séparant les compétences, l’exécutif entend offrir une attention plus soutenue aux enjeux liés à l’encadrement de la jeunesse, à la promotion de l’emploi des jeunes, ainsi qu’au développement du sport de haut niveau, du sport scolaire et des infrastructures sportives.
Les regards sont désormais tournés vers les prochaines nominations qui permettront de connaître les personnalités appelées à conduire ces deux ministères. Ces désignations seront particulièrement attendues par les acteurs des mouvements de jeunesse, les fédérations sportives et l’ensemble des partenaires du secteur.
Pour Mamadou Alpha Diallo, étudiant en sciences politiques dans une université de Conakry: « La séparation du ministère de la Jeunesse et des Sports peut être une décision pertinente si elle permet une meilleure prise en charge des priorités de chaque secteur. La jeunesse représente aujourd’hui une part importante de la population guinéenne et ses préoccupations dépassent largement le cadre du sport. Il est donc logique qu’un département ministériel se consacre exclusivement aux questions liées à l’emploi, à l’entrepreneuriat, à la formation et à la participation citoyenne des jeunes.
En parallèle, le sport a lui aussi besoin d’une attention particulière, notamment en matière d’infrastructures, de professionnalisation des fédérations et de préparation des compétitions internationales. En dissociant les deux portefeuilles, le gouvernement peut améliorer l’efficacité de l’action publique, à condition que les moyens financiers et humains suivent.
Mais cette réforme ne produira des résultats que si elle s’accompagne d’une véritable vision stratégique. Créer deux ministères ne suffit pas ; il faudra des politiques publiques cohérentes, des ressources adéquates et une évaluation régulière des performances. Les jeunes attendent surtout des actions concrètes qui améliorent leurs conditions de vie et leurs perspectives d’avenir. »

Ibrahima Sory Bangoura