Le projet de loi de finances rectificative ne se résume pas à un simple réajustement chiffré, il s’agit avant tout d’un exercice de crédibilité et de réalisme.
À mi-parcours de l’exécution budgétaire, il apparaît clairement que les prévisions initiales peuvent évoluer. Les conjoncturelles internationales et nationales sont susceptibles de se modifier, et de nombreux facteurs exogènes viennent impacter aussi bien les postes de dépenses que de recettes.
D’où la nécessité de cet exercice annuel autour du projet de loi de finances rectificative (LFR), afin de s’assurer de clôturer l’année en intégrant les impératifs nouveaux apparus au cours de l’exercice.
« Pour cette LFR 2026, nos travaux ont débuté par des échanges approfondis avec la commission des affaires financières de l’Assemblée nationale, en se concentrant d’abord sur le volet des recettes. Ces discussions ont porté principalement sur la mobilisation des ressources internes, ainsi que sur les financements extérieurs incluant les emprunts et autres ressources sécurisées destinés à renforcer notre budget et à financer notre développement », a précisé la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget.
À ce titre, l’État a rappelé que ses priorités s’articulent autour de certains axes fondamentaux. Le premier, conforme à la vision du Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, consiste à protéger résolument le pouvoir d’achat des Guinéens.
Cet engagement est maintenu en dépit des difficultés, des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de leurs répercussions, notamment sur la hausse des cours du carburant.
Ainsi, l’État a consenti des sacrifices financiers majeurs. Pour l’ensemble de l’année, et selon les prévisions de la LFR, ce sont plus de 5 400 milliards de francs guinéens d’appuis budgétaires qui sont mobilisés afin de maintenir le prix du carburant à la pompe à 12 000 francs.
Contrairement à de nombreux pays voisins et à travers le monde qui ont dû opérer des hausses tarifaires face à cette crise mondiale, la Guinée a fait ce choix protecteur. Cette crise touche un secteur stratégique les produits pétroliers qui impacte directement non seulement les prix à la pompe, mais aussi le panier de la ménagère. En effet, la majeure partie des biens et services est importée, et la hausse des coûts logistiques et de transport se répercute sur l’ensemble de l’économie, de même que pour les denrées acheminées des zones de production vers les marchés intérieurs.
« Nos échanges avec les honorables députés ont été particulièrement riches. Ils ont formulé des questions pertinentes sur les niveaux de recouvrement des recettes fiscales, douanières et non fiscales, tout en veillant au respect de la territorialité dans l’allocation des ressources destinées aux collectivités locales » a souligné la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla.
Les parlementaires ont également mis l’accent sur des sujets clés, tels que le contrôle rigoureux des volumes de minerais exportés, un impératif absolu pour garantir la traçabilité de la production nationale et optimiser les retombées financières pour la Guinée.
Ces discussions constructives, jalonnées de propositions et de critiques pertinentes, constituent un appui précieux pour renforcer l’efficacité de l’action publique.
« Les travaux se poursuivent intensément avec les différentes commissions de l’Assemblée Nationale. Une fois le volet des recettes définitivement bouclé, nous ouvrirons celui des dépenses, tout aussi stratégique pour la suite de l’exercice budgétaire » a-t-elle conclu.
Par Sékouba Kourouma pour Actu7.com
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