Le Président du Conseil d’Administration (PCA) de la Compagnie du Transguinéen (CTG), Mamoudou Nagnalén Barry, a animé jeudi, 16 avril 2026 une conférence de presse bilan. Un an après sa structuration, la CTG, véritable poumon logistique du mégaprojet Simandou, affiche des avancées majeures et réaffirme son ambition de connecter la Guinée au reste du monde grâce à une infrastructure de classe mondiale.
Devant un parterre de partenaires techniques et financiers, Mamoudou Nagnalén Barry a tenu à clarifier l’architecture de ce projet titanesque. Si le volet minier repose sur les géants Rio Tinto Simfer (blocs 3 et 4) et WCS/Baowu (blocs 1 et 2), la CTG se distingue par sa vocation transversale. Elle n’est pas une entité minière, mais une société de logistique et d’infrastructures (rails, ports et équipements) détenue conjointement par l’État guinéen et ses partenaires industriels.
Le corridor Transguinéen représente un investissement colossal de 15 milliards de dollars, avec un impact attendu de 50 % sur la croissance du PIB national. Les chiffres témoignent de l’ampleur inédite du chantier :
Ferroviaire : 650 km de voie ferrée de type « heavy-haul ».
Ouvrages d’art : 206 ponts et 5 tunnels, dont le plus long d’Afrique de l’Ouest (11,8 km).
Capacité : Jusqu’à 50 trains par jour circulant à 80 km/h (à charge).
Matériel :150 locomotives de dernière génération et plus de 7 000 wagons.
Exportation : Une capacité de 120 millions de tonnes de minerai par an via le hub portuaire de Moribaya.
Le PCA a particulièrement insisté sur le caractère multi-utilisateurs de l’infrastructure. Le Transguinéen ne sera pas qu’un « rail minier ». Grâce à deux trajets aller-retour quotidiens, il assurera le transport de passagers et de fret agricole, désenclavant ainsi durablement les régions traversées et stimulant l’économie locale.
L’année écoulée a été marquée par quatre piliers fondamentaux :
Gouvernance : Une structuration solide du Conseil d’Administration pour aligner les intérêts de l’État et des investisseurs.
Sécurité : Sous l’objectif « Zéro Accident », 95 % des clôtures de séparation physique sont déjà achevées pour protéger les communautés et le bétail.
Contenu Local : La « Guinéanisation » est une réalité avec 2 800 emplois déjà créés (6 000 prévus en phase d’exploitation). La création de la Simandou Academy garantira le transfert de compétences technologiques vers la jeunesse guinéenne.
Infrastructures : Le passage effectif à la phase de construction physique avec l’installation de 4 bases-vie stratégiques.
Pour la seconde année de son mandat, le Conseil d’Administration fixe trois priorités critiques :
Respect du calendrier : Tenir les jalons de pose des rails et finaliser les terminaux portuaires.
Opérationnalisation : Recruter et former les futurs cheminots et gestionnaires portuaires avant la mise en service.
Modèle de référence : Faire de la CTG le standard mondial de partenariat réussi entre un État souverain et des leaders industriels.
« La CTG n’est pas seulement le maître d’ouvrage d’un projet minier historique, elle est le moteur d’une transformation logistique sans précédent pour la Guinée ».
Par Sékouba Kourouma pour Actu7.com
00224 628 00 36 63




