Depuis mercredi, 15 avril, le quartier Khourégbé (Coléah), dans la commune de Matam, est plongé dans l’obscurité. La société Électricité de Guinée (EDG) a procédé à une interruption massive de la fourniture de courant pour cause d’arriérés de paiement, déclenchant le désarroi des populations locales.
Selon les témoignages recueillis sur place auprès des citoyens, les agents d’EDG ont suspendu le service suite au non-paiement prolongé des factures par de nombreux abonnés. Cette intervention s’inscrit dans la nouvelle dynamique de recouvrement intégral des créances prônée par les autorités guinéennes, qui exhortent les citoyens à la responsabilité pour garantir la continuité du service public.
Si la nécessité de payer est comprise, les résidents de Khourégbé dénoncent des montants parfois exorbitants et une facturation irrégulière. ‘Les difficultés économiques actuelles rendent les délais de paiement intenables pour beaucoup d’entre nous », confie un habitant.
Cette coupure aggrave une situation déjà tendue à Conakry, où les délestages techniques et les problèmes de gestion énergétique sont monnaie courante. Les conséquences sont immédiates comme la paralysie des petites activités économiques, insécurité nocturne et dégradation du confort ménager.
Le chef de quartier de Coléah Domino, Mohamed Meda Kamissoko qualifie la situation de regrettable tout en adoptant une position équilibrée : « L’électricité est un besoin essentiel, mais le non-paiement des factures est un problème réel. De nombreuses familles vivent dans la précarité ; il serait judicieux que la société propose des modalités de paiement plus souples et une communication plus claire. »
Le responsable local préconise la sensibilisation et le rééchelonnement des dettes comme solutions de sortie de crise. Il invite toutefois ses administrés à la responsabilité : « Le paiement régulier est la condition sine qua non pour bénéficier durablement du courant. »
En l’absence de compromis immédiat, Khourégbé reste dans l’attente d’un signal fort des autorités pour sortir de ce tunnel d’obscurité.
BIS




