La Tabaski, appelée aussi Aïd el-Kébir ou « fête du mouton », est l’une des plus grandes célébrations du calendrier musulman. Très populaire en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinea, au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire, cette fête religieuse commémore un acte de foi du prophète Ibrahim (Abraham).
Selon la tradition islamique, Dieu demanda à Ibrahim de sacrifier son fils Ismaël pour éprouver sa foi et son obéissance. Au moment du sacrifice, Dieu remplaça l’enfant par un bélier envoyé par l’ange Djibril (Gabriel). Cet épisode symbolise la soumission à Dieu, la foi sincère et le sacrifice spirituel.
La Tabaski est célébrée chaque année le 10ᵉ jour du mois de Dhou al-Hijja, dernier mois du calendrier musulman, après le grand pèlerinage à La Mecque, appelé Hadj. Dans le monde arabe, elle est connue sous le nom d’Aïd al-Adha, tandis qu’en Afrique de l’Ouest francophone, le terme « Tabaski » est largement utilisé.
Le sacrifice du mouton constitue le principal rituel de cette fête. Après la prière collective du matin, les familles procèdent à l’immolation d’un mouton, d’une chèvre ou parfois d’un bœuf. La viande est ensuite partagée entre la famille, les voisins et les personnes démunies, renforçant ainsi les valeurs de solidarité, de générosité et de fraternité.
Au-delà de son aspect religieux, la Tabaski est aussi une grande fête sociale et familiale. Les proches se réunissent, portent des vêtements neufs, préparent des repas traditionnels et rendent visite aux parents et amis. Dans plusieurs pays africains, cette célébration représente également un moment fort de cohésion sociale et de retrouvailles familiales.
Aujourd’hui, la Tabaski demeure une fête profondément enracinée dans les traditions musulmanes et africaines. Elle rappelle l’importance de la foi, du partage et de la solidarité au sein des communautés.
Selon un maître coranique au km 36, « La Tabaski n’est pas seulement la fête du mouton. C’est avant tout une école de foi, de patience et de partage », explique El Hadj Mamadou Saliou Bah, maître coranique au Km 36.
Assis dans la cour de son école coranique, entouré de ses élèves, le religieux rappelle que cette célébration tire son origine de l’histoire du prophète Ibrahim, prêt à sacrifier ce qu’il avait de plus cher par obéissance à Dieu.
« Beaucoup pensent uniquement au sacrifice de l’animal, mais le véritable sacrifice est spirituel. Chaque croyant doit apprendre à abandonner la jalousie, la haine et l’égoïsme », affirme-t-il.
Pour ce maître coranique, la Tabaski est aussi un moment de solidarité envers les plus démunis. « Dans nos traditions, personne ne doit rester sans repas ce jour-là. Même les familles modestes font l’effort de partager un peu de viande avec les voisins et les pauvres. C’est cela l’esprit de l’islam. »
Il souligne également l’importance de l’éducation religieuse durant cette période. Cette fête, plusieurs écoles coraniques organisent des séances de prière et de sensibilisation pour rappeler aux jeunes les valeurs de respect, d’entraide et d’humilité.
« La Tabaski rassemble les familles, réconcilie parfois des proches en conflit et renforce les liens sociaux. Au-delà de la fête, c’est un moment de pardon et de paix », conclut-il avec émotion.
Ibrahima Sory Bangoura