À Conakry, les vendeurs de bétail font face à un défi majeur, la rareté des espaces aménagés pour commercialiser leurs animaux. Déguerpis de leurs anciens sites, nombre d’entre eux se voient contraints d’exercer dans des conditions précaires le long des axes routiers. Face à cette situation, le président des vendeurs de bétail de la forêt classée d’Entag tire la sonnette d’alarme.
Interrogé sur le sujet, Salif Yattara a tenu à rappeler le contexte historique et les difficultés actuelles de sa profession : « Nous avons commencé à vendre le bétail dans la forêt classée d’Entag depuis l’époque du feu président Lansana Conté. Mais aujourd’hui, l’État nous a déguerpis de ce site. N’ayant plus d’espace approprié, nous sommes obligés de nous installer en bordure de route pour poursuivre notre commerce. Pourtant, notre activité est indissociable de la vie socioculturelle de notre pays : personne ne peut célébrer un mariage ou un baptême sans chercher un bélier. Malgré cela, nous avons l’impression d’être complètement oubliés. »
Si des démarches sont engagées au niveau local, Salif Yattara estime qu’une solution durable nécessite une implication directe du gouvernement central : « Il existe des domaines publics que l’État pourrait nous attribuer, notamment certains espaces gérés par le ministère de l’Environnement, particulièrement dans la commune de Tombolia », indique-t-il.
Malgré ces contraintes logistiques, le président des vendeurs a tenu à saluer les efforts accomplis par le gouvernement dans la lutte contre les tracasseries sécuritaires et le coupeurs de route le long des axes d’approvisionnement. Il sollicite toutefois un accompagnement accru de l’État et des partenaires financiers afin d’offrir aux acteurs de la filière un cadre de travail adéquat, au bénéfice de l’ensemble de la population.
Abdoulaye Keïta




