Le sélectionneur du Syli National de Guinée, Paulo Duarte, a de nouveau plaidé pour le retour des matchs de la Guinée à Conakry. À quelques mois des éliminatoires de la CAN 2027, le technicien portugais estime que jouer à domicile est une condition indispensable pour maximiser les chances de qualification.
Dans ses récentes déclarations, Paulo Duarte a rappelé que l’équipe nationale souffre de l’absence de stades homologués en Guinée depuis plusieurs années. Selon lui, évoluer loin de ses bases prive le Syli d’un avantage psychologique et stratégique majeur.
« Nous devons impérativement rejouer en Guinée. Évoluer à la maison nous garantit de meilleurs résultats qu’à l’extérieur », a-t-il affirmé.
Le coach insiste particulièrement sur le rôle des supporters, qu’il considère comme un véritable douzième homme. Pour Duarte, l’ambiance d’un stade comble à Conakry transcende les joueurs tout en accentuant la pression sur les adversaires et le corps arbitral. Il estime qu’un match disputé devant 50 000 supporters guinéens n’a aucun équivalent à l’étranger, où le Syli évolue souvent dans des enceintes presque vides.
Depuis 2022, faute d’infrastructures répondant aux normes de la CAF, la Guinée est contrainte de délocaliser ses rencontres à domicile principalement au Maroc et en Côte d’Ivoire. Une situation que le sélectionneur juge lourdement pénalisante. Face à ce constat, il a lancé un appel pressant aux autorités guinéennes afin d’accélérer les travaux de rénovation des stades :
« On a besoin de jouer chez nous. C’est là-bas que nous serons les meilleurs », a-t-il martelé.
Ce point de vue est largement partagé par les acteurs du football local. Ibrahima Camara, entraîneur de jeunes à Coléah, confirme que le Syli se prive d’un atout historique : « Une équipe nationale a besoin de son public. Quand les joueurs entrent dans un stade plein à Conakry, ils se sentent portés par tout un peuple. À l’extérieur, cette ferveur n’existe pas. Les chants et la pression populaire transforment nos matchs. »
Le technicien local regrette l’impact de cet exil sur la jeunesse guinéenne. « Beaucoup d’enfants rêvent de voir le Syli jouer en vrai. Aujourd’hui, ils ne les suivent plus qu’à la télévision, ce qui crée une distance regrettable entre l’équipe nationale et ses supporters », déplore-t-il.
À l’instar de Paulo Duarte, Ibrahima Camara appelle à une prise de conscience rapide pour finaliser la modernisation des infrastructures sportives. Pour lui, l’enjeu dépasse le cadre comptable : « Jouer chez nous, c’est défendre nos couleurs devant notre peuple. C’est vital pour le moral, pour les résultats et pour l’avenir du football guinéen. »
Ibrahima Sory Bangoura




