Le Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, a procédé mercredi, 14 octobre 2026 à l’ouverture officielle de la deuxième édition du Forum international des secrétariats généraux de gouvernement (SGG). Placée sous le thème : « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale », cette rencontre stratégique réunit des délégations venues de 13 pays, en présentiel et en ligne.
Né des fondations posées lors de la Déclaration de Conakry en avril 2025, ce réseau international des SGG s’affirme un an plus tard comme un véritable levier d’intégration et de modernisation administrative.

Dans son allocution de bienvenue, le ministre Secrétaire général du gouvernement de la République de Guinée, Tamba Benoît Kamano, a salué la présence des délégations et le chemin parcouru : « Nous avons privilégié la collaboration afin de favoriser une approche inclusive, durable et adaptée au contexte de chaque pays en matière d’organisation du travail gouvernemental et de production normative. Aucune administration n’étant identique, nous n’avons pas vocation à uniformiser les pratiques, mais plutôt à tenir compte des particularités de chacune. »

Le réseau s’est doté d’une architecture opérationnelle solide, un siège permanent basé en Guinée, le Burkina Faso au secrétariat, le Tchad et le Maroc aux vice-présidences, ainsi que l’élargissement de la plateforme à de nouveaux pays membres anglophones, lusophones et francophones, à l’instar du Ghana, de la Gambie, du Rwanda, de la Guinée-Bissau et d’Haïti (participant à distance).

Au cœur des travaux de ces trois jours, l’intelligence artificielle est analysée non pas comme un gadget technologique, mais comme un outil de transformation profonde de la fabrique de la loi, de la gestion des archives et de l’aide à la décision publique.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a rappelé l’impératif d’allier audace technologique et rigueur régalienne : « Cette question touche au cœur même de la mission des SGG : la qualité du droit, la préparation du travail gouvernemental, la continuité de l’État et la préservation de sa mémoire. Bien utilisée, l’IA peut dégager du temps pour l’analyse, améliorer la préparation des arbitrages et rendre l’information publique plus accessible. »

Le chef du gouvernement a également illustré son propos par des cas d’usage concrets, notamment en matière de gestion des deniers publics et de modernisation des infrastructures :

La digitalisation des marchés publics, à travers la coopération avec le Rwanda et l’implémentation de l’application Télémo dit-il, la Guinée intègre l’IA dans la mercuriale des prix (confectionnée par l’ACGP et l’INSE). L’objectif est d’objectiver les coûts des grands chantiers comme le coût kilométrique des routes en tenant compte des spécificités géologiques locales (latérite, granit) pour protéger efficacement les ressources publiques.
Toutefois, les autorités ont insisté sur les garde-fous nécessaires. La puissance de l’outil informatique ne doit en aucun cas diluer la responsabilité humaine. Confidentialité, sécurité des données et souveraineté numérique restent les maîtres-mots pour éviter que l’IA ne creuse les inégalités entre les États.

Le programme de ce deuxième sommet s’articule autour de huit ateliers thématiques, dont deux réservés exclusivement aux chefs de délégation pour statuer sur la formalisation du réseau et l’éthique de l’IA. Les six autres ateliers permettront de décortiquer les retours d’expérience nationaux et les solutions innovantes proposées par des acteurs technologiques du Sénégal, de la Guinée, du Rwanda et d’ailleurs.

À l’issue de ces assises, deux documents majeurs sont attendus : La Déclaration de Conakry 2, consolidant les acquis de l’édition précédente. Et une déclaration formelle sur une IA responsable et éthique, adossée aux grands principes des déclarations de l’Union Africaine et du Rwanda.

Ces travaux déboucheront également sur l’adoption de la feuille de route stratégique du réseau pour la période 2027-2029, confirmant la volonté de la Guinée, sous la vision du Président de la République, Mamadi Doumbouya, de bâtir une administration moderne, performante et résolument tournée vers l’avenir.

Par Sékouba Kourouma pour Actu7.com

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