Conakry abrite, du 22 au 24 juin 2026, une rencontre de haut niveau dédiée à la présentation du rapport d’évaluation du cadre juridique guinéen en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants et d’armes par voie maritime. Organisé par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), via son Programme mondial de lutte contre la criminalité maritime, cet événement bénéficie du soutien financier de l’Union européenne à travers le projet « Safe Seas for Africa – Des mers sûres pour l’Afrique ».
L’objectif principal de cette rencontre est de restituer les conclusions de l’audit mené du 27 au 30 octobre 2025. Il s’agit de dégager des orientations claires et des recommandations pragmatiques pour combler les vides juridiques existants et garantir une répression pénale efficace des infractions commises dans l’espace maritime guinéen.
L’événement réunit une vingtaine d’acteurs stratégiques, notamment des représentants des agences ayant participé à l’audit initial, ainsi que des cadres d’institutions clés, tous mobilisés pour formuler les propositions législatives nécessaires à cette réforme d’envergure.
Prenant la parole au nom de la délégation de l’Union européenne en République de Guinée, Paulo Barroso Simões, chef de section Politique, Presse et Information, a mis en exergue l’importance d’aligner l’action opérationnelle sur la rigueur du droit : « Ce qui nous réunit ce matin est une exigence simple, mais décisive. Il s’agit de faire en sorte qu’une intervention en mer ne s’arrête pas au moment de l’interception, mais puisse se prolonger dans une enquête solide, une qualification juridique claire, une conservation utile des preuves et, lorsque les conditions sont réunies, une poursuite effective. Dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et d’armes par voie maritime, la mer n’est pas seulement un espace d’opération. Elle est aussi un espace de droit. »
Félicitant l’ONUDC et saluant le rôle central de la préfecture maritime, M. Simões a rappelé que ce projet s’inscrit dans la continuité du programme SWAIMS (qui ciblait la piraterie), tout en franchissant un nouveau cap dédié cette fois aux flux illicites de drogues et d’armes. Il a articulé son intervention autour de trois piliers indispensables : la clarté juridique ; la coordination interinstitutionnelle ; et le réalisme des réformes.
Prenant part à la cérémonie, la conseillère juridique du Centre national de surveillance et de police des Pêches (CNSP), Hassanatou Diallo, a souligné que cette rencontre permettra de consolider la collaboration intersectorielle et d’aider chaque entité à mieux évoluer dans son domaine de compétence.
« Notre mission est la protection des ressources halieutiques. Nous sommes réunis aujourd’hui dans le cadre de l’évaluation juridique de la criminalité maritime. Le premier objectif est d’assurer la sécurité maritime. Toutes les entités présentes doivent donc unir leurs efforts et renforcer leur coopération afin de garantir une meilleure sécurité en mer », a-t-elle déclaré.
Elle a également ajouteé : « Cette formation permettra de consolider la collaboration entre les différents acteurs concernés et aidera chacun à mieux évoluer dans son domaine de compétence. En ce qui nous concerne, nous travaillons dans le secteur des ressources halieutiques. Ainsi, lorsque nous serons confrontés à une situation nécessitant l’intervention de la Marine marchande, nous pourrons compter sur une coopération efficace et bien établie entre les différentes parties prenantes. »
Présidant la cérémonie d’ouverture, le préfet maritime, le capitaine de vaisseau Amadou Sow, a exprimé sa gratitude envers l’ONUDC et l’Union européenne pour leur appui constant à la sécurité dans le golfe de Guinée. Il a mis l’accent sur la vulnérabilité des frontières maritimes face à des réseaux criminels de plus en plus agiles : « Face à ces menaces, l’action opérationnelle en mer ne suffit pas. Elle doit être soutenue par un cadre juridique clair, cohérent et efficace, permettant de détecter, intercepter, enquêter, poursuivre et sanctionner les auteurs de ces infractions. La Guinée, par sa position géographique, son espace maritime, ses ports et ses activités économiques, doit disposer d’un dispositif robuste de prévention et de répression des crimes commis en mer. »
Le capitaine de vaisseau a invité les participants à travailler durant ces trois jours avec un esprit de responsabilité, de franchise et de coopération afin d’aboutir à des outils hautement performants.
Avant de déclarer l’atelier officiellement ouvert, le préfet maritime a tenu à rendre un hommage appuyé au Chef de l’État, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, saluant sa vision, son leadership et son engagement indéfectible en faveur de la souveraineté maritime et de la protection des intérêts stratégiques de la Nation.
Au sortir de cette première journée, les participants ont réitéré leur ferme engagement à formuler des propositions concrètes et applicables pour endiguer durablement ces fléaux en mer.
Par Sékouba Kourouma pour Actu7.com
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