Le feuilleton judiciaire entourant Ibrahima Kassory Fofana entre dans sa phase décisive. Ce lundi, 8 juin 2026, la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) s’est exceptionnellement déplacée à la clinique Pasteur pour procéder à l’audition au fond de l’ancien Premier ministre, poursuivi pour détournement présumé de deniers publics.
Pendant près de deux heures, et en présence de ses conseils, le prévenu a pu s’expliquer sur les charges qui pèsent contre lui, malgré un état de santé jugé fragile.

Pour les avocats de l’ancien chef du gouvernement, cette audition à l’hôpital est un soulagement légal. Me Sidiki Bérété, conseil de Kassory Fofana, a exprimé sa satisfaction de voir le tribunal respecter la loi en se déplaçant au chevet de son client gravement malade : « Nous sommes satisfaits (…). L’essentiel pour nous était qu’il ait la chance de se défendre contradictoirement ».

Sur le fond du dossier, la défense reste offensive. Me Bérété soutient que les accusations ne reposent sur rien de solide et affirme qu’une grande partie des fonds cités dans la procédure a déjà été restituée au Trésor public.

Du côté de la partie civile, l’heure est à la prudence mais pas à l’acharnement. Me Amadou Baben Camara a rappelé que la saisie des biens de l’accusé demeurait la garantie essentielle pour l’État guinéen. Il a toutefois précisé qu’il n’y avait aucune opposition de principe quant à une éventuelle évacuation sanitaire de l’ex-premier ministre.
Le procureur spécial de la CRIEF, Charles Wright, a quant à lui scellé le calendrier de la suite des événements : « les plaidoiries et les réquisitions du ministère public sont officiellement attendues pour l’audience du jeudi 11 juin prochain. »
C’est lors de cette journée cruciale que les juges devront non seulement trancher sur le fond, mais aussi statuer sur la demande pressante d’évacuation sanitaire de Kassory Fofana.

La rédaction