Trente ans après sa disparition, le nom d’Aly Badara Diakité (ABD) continue de résonner dans les mémoires comme celui d’un pionnier de la culture et de l’audiovisuel guinéen. En ce jour de commémoration, artistes, journalistes et citoyens rendent hommage à un homme dont la voix a marqué toute une génération.
Figure emblématique de la radio et de la télévision nationale, ABD n’était pas seulement un animateur : il était un véritable passeur de culture. À travers des émissions mythiques comme Africa Danse, Podium ou encore Contact Culture, il a su rapprocher les peuples africains de leur patrimoine musical.
Sa voix chaleureuse, son style élégant et sa connaissance encyclopédique de la musique africaine faisaient de lui un rendez-vous incontournable dans les foyers guinéens.
« Il ne présentait pas seulement des émissions, il créait des moments de communion », rappelle un hommage publié récemment.
Né le 2 janvier 1954 à Adjamé (Côte d’Ivoire), ABD débute comme enseignant avant de se tourner vers le journalisme. Il intègre la Radio Télévision Guinéenne (RTG) en 1984, où il connaît une ascension fulgurante grâce à son talent unique.
Au-delà de l’animation, il joue un rôle clé dans la promotion des artistes africains, contribuant à révéler de nombreux talents. Pour beaucoup, il reste une «école», une référence incontournable pour les professionnels des médias en Guinée.
Le 4 mai 1996, sa disparition à seulement 42 ans laisse un vide immense. Mais trois décennies plus tard, son héritage demeure intact. Dans les studios, dans les archives sonores et surtout dans les cœurs, ABD continue d’inspirer.
Aujourd’hui encore, les jeunes animateurs guinéens voient en lui un modèle d’excellence, de rigueur et de passion pour la culture africaine.
ABD n’est pas mort : il est devenu mémoire.
Témoignage d’un proche d’Ali Badara Diakité au Boulevard Diallo Telly de Kaloum :
Ali Badara Diakité était pour moi bien plus qu’un simple proche. C’était une personne profondément humaine, toujours prête à tendre la main à ceux qui en avaient besoin.
Ce qui me marquait le plus chez lui, c’était sa générosité et son sens du partage. Il savait écouter, conseiller et apporter du réconfort même dans les moments les plus difficiles.
Je garde en mémoire son sourire, sa patience et sa force de caractère. Il avait cette capacité rare de rassembler les gens autour de valeurs simples mais essentielles : le respect, la solidarité et la dignité.
Aujourd’hui encore, son souvenir reste vivant en moi et en tous ceux qui ont eu la chance de le connaître. Son passage dans nos vies a laissé une empreinte indélébile.
Ibrahima Sory Bangoura




