Dans un décret surprise diffusé mardi, 7 avril 2026 sur les ondes de la Radio Télévision Guinéenne (RTG), le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé à un remaniement stratégique de l’appareil judiciaire guinéen. Les têtes d’affiche de la lutte contre la corruption changent de fauteuils.
L’événement majeur de cet acte présidentiel est sans doute la nomination d’Alphonse Charles Wright au poste de Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières « CRIEF ».
Ancien Garde des Sceaux dont le passage au ministère avait été marqué par une hyperactivité médiatique et judiciaire, Charles Wright n’aura passé que deux mois à la tête de la Cour d’appel de Conakry, poste qu’il occupait depuis le 3 février dernier. En l’envoyant à la CRIEF, le pouvoir semble vouloir insuffler un nouveau dynamisme à cette juridiction d’exception, pilier de la moralisation de la chose publique.
Aly Touré, jusque-là figure de proue de la CRIEF en tant que procureur spécial, ce magistrat de carrière quitte la traque des délinquants financiers pour la présidence de la Cour d’appel de Conakry.
Il succède ainsi directement à Charles Wright, récupérant la direction de l’une des plus importantes juridictions de droit commun du pays.
Ce décret n’est pas qu’un simple mouvement de personnel, il traduit une volonté de réaménagement structurel du secteur judiciaire. En permutant ces deux figures clés, le Chef de l’État opère un rééquilibrage au sein des institutions les plus sensibles du pays.
Reste à savoir comment ce duo, aux styles radicalement différents, marquera de son empreinte ces nouvelles fonctions dans un contexte où les attentes des citoyens en matière de justice et de transparence restent immenses.
La rédaction
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