Le monde de la culture africaine est en deuil. Boncana Maïga, musicien, compositeur, arrangeur et producteur malien de renommée internationale, est décédé ce samedi matin dans une clinique de Bamako, à l’âge de 77 ans, ont annoncé sa famille et les autorités maliennes.
Surnommé le Maestro, Maïga laisse derrière lui une carrière exceptionnelle qui a marqué plusieurs générations d’artistes et contribué de manière décisive à l’essor de la musique afro-latine et afro-cubaine sur le continent africain et au-delà.
Né en 1949 à Gao, dans le nord du Mali, Boncana Maïga commence sa carrière dans les années 1960 avant de partir étudier la musique à La Havane, à Cuba, où il se spécialise dans la flûte, le saxophone et les rythmes afro-cubains. Son passage à Cuba façonnera durablement son style, qu’il fusionnera ensuite avec les sonorités mandingues pour créer un métissage musical unique.
Revenu en Afrique, il s’installe notamment en Côte d’Ivoire, où il devient professeur de musique, directeur d’orchestre pour la chaîne radiotélévisée nationale et arrangeur recherché. Il cofonde ensuite plusieurs formations mythiques, dont le collectif Africando, qui a popularisé la salsa africaine à travers le monde.
Au fil de sa carrière, il a travaillé avec des artistes majeurs du continent, animé des émissions musicales comme Stars Parade sur TV5Monde, et contribué à la notoriété de nombreux talents africains. Sa musique a traversé les frontières, servant de pont entre traditions africaines et influences caribéennes.
La mort de Boncana Maïga a suscité une vive émotion dans les milieux culturels africains. Des hommages affluent des quatre coins du monde, saluant son génie créatif, sa passion pour la musique et son rôle d’inspirateur politique et artistique pour des générations d’artistes.

BIS