{"id":6889,"date":"2026-10-07T06:44:52","date_gmt":"2026-10-07T06:44:52","guid":{"rendered":"https:\/\/actu7.com\/?p=6889"},"modified":"2026-10-06T21:48:47","modified_gmt":"2026-10-06T21:48:47","slug":"conakry-la-fin-des-sachets-plastiques-fait-flamber-le-prix-de-leau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/actu7.com\/index.php\/conakry-la-fin-des-sachets-plastiques-fait-flamber-le-prix-de-leau\/","title":{"rendered":"Conakry : La fin des sachets plastiques fait flamber le prix de l&rsquo;eau"},"content":{"rendered":"<div dir=\"auto\">Boire de l\u2019eau potable au quotidien rel\u00e8ve d\u00e9sormais du d\u00e9fi \u00e0 Conakry. L\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019interdiction des sachets plastiques \u00e0 usage unique a brutalement redirig\u00e9 la demande vers l\u2019eau conditionn\u00e9e en bouteille. Ce qui pose un enorme probl\u00e8me aux consommateurs, car, les capacit\u00e9s de production ne suivent pas et cela a eu des r\u00e9percussions imm\u00e9diates dans les quartiers de la capitale \u00e0 savour : une p\u00e9nurie naissante et une flamb\u00e9e incontr\u00f4l\u00e9e des prix.<\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Dans les boutiques, commerces et restaurants, l&rsquo;impact sur le portefeuille des consommateurs est imm\u00e9diat. La bouteille de 1,5 litre, vendue auparavant autour de 5 000 francs guin\u00e9ens (GNF), oscille aujourd\u2019hui entre 6 000 et 7 000 GNF voire 10 000 GNF. Le format r\u00e9duit atteint quant \u00e0 lui 3 000 GNF.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Cette transition forc\u00e9e bouleverse le quotidien des travailleurs, conducteurs et commer\u00e7ants contraints de s&rsquo;approvisionner \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, mais aussi des m\u00e9nages priv\u00e9s d&rsquo;un r\u00e9seau public d&rsquo;eau potable performant.<\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Sur le terrain, la frustration grandit. \u00c0 Dixinn, Mamadouba Camara d\u00e9plore le poids de cette hausse sur son budget :<\/div>\n<div dir=\"auto\"><i>\u00ab\u00a0Avant, avec 5 000 francs, on pouvait acheter une grande bouteille. Maintenant, il faut pr\u00e9voir 7 000 francs voire plus. Pour quelqu\u2019un qui vit avec un petit salaire, ces 2 000 francs de diff\u00e9rence comptent \u00e9norm\u00e9ment.\u00a0\u00bb<\/i><\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Pour les \u00e9tudiants et les travailleurs nomades, la facture quotidienne explose. <i>\u00ab\u00a0La petite bouteille est \u00e0 3 000 francs. Quand tu es dehors toute la journ\u00e9e et qu&rsquo;il faut en acheter deux ou trois, \u00e7a va tr\u00e8s vite\u00a0\u00bb<\/i>, confie Idy Sow, \u00e9tudiant.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Un autre habitant affirme avoir d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bours\u00e9 9 000 GNF en une seule matin\u00e9e pour trois petites bouteilles, l&rsquo;obligeant \u00e0 rationner sa consommation d&rsquo;eau pour pr\u00e9server ses finances.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Dans plusieurs quartiers, la crise n&rsquo;est pas seulement financi\u00e8re, elle est aussi logistique.<i> \u00ab\u00a0Tu peux avoir l\u2019argent et ne pas trouver d\u2019eau min\u00e9rale\u00a0\u00bb,<\/i> s&rsquo;insurge un citoyen contraint d&rsquo;encha\u00eener les boutiques sans succ\u00e8s. Plus grave encore, face au manque d&rsquo;alternatives et aux besoins des familles nombreuses, certains habitants avouent consommer d\u00e9sormais une eau du r\u00e9seau ou de puits dont ils doutent fortement de la potabilit\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Du c\u00f4t\u00e9 des commer\u00e7ants et des revendeurs, la pression est tout aussi vive. Les ruptures de stock s&rsquo;encha\u00eenent et la cha\u00eene d&rsquo;approvisionnement peine \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cet afflux de demande spontan\u00e9.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Mamadou Saliou Diallo, livreur bas\u00e9 \u00e0 Lambanyi, confirme la complexit\u00e9 de la situation : <i>\u00ab\u00a0L\u2019approvisionnement est devenu un v\u00e9ritable casse-t\u00eate. Les producteurs doivent imp\u00e9rativement augmenter leurs capacit\u00e9s. Pour que l&rsquo;eau reste accessible aux m\u00e9nages modestes, il faudrait que la petite bouteille soit vendue entre 2 000 et 2 500 francs.\u00a0\u00bb<\/i><\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\">Si l\u2019interdiction des plastiques \u00e0 usage unique vise un objectif environnemental l\u00e9gitime, d\u00e9barrasser les rues, cours d\u2019eau et caniveaux de Conakry des d\u00e9chets asphyxiants, la m\u00e9thode pose question. Faute d&rsquo;alternatives abordables et imm\u00e9diatement disponibles, la mesure fragilise en priorit\u00e9 les m\u00e9nages les plus vuln\u00e9rables.<\/div>\n<div dir=\"auto\">Face aux sp\u00e9culations constat\u00e9es sur le march\u00e9, le minist\u00e8re de l\u2019Industrie et du Commerce est mont\u00e9 au cr\u00e9neau. Le d\u00e9partement a appel\u00e9 l&rsquo;ensemble des acteurs de la fili\u00e8re (producteurs, importateurs et distributeurs) au strict maintien des tarifs ant\u00e9rieurs, tout en annon\u00e7ant des mesures pour diversifier l\u2019offre et introduire des emballages biod\u00e9gradables. Le message des autorit\u00e9s se veut clair <i>: \u00ab\u00a0L\u2019eau ne doit pas devenir un luxe.\u00a0\u00bb<\/i><\/div>\n<div dir=\"auto\"><i>\u00a0<\/i><\/div>\n<div dir=\"auto\">Pour les Conakrykas, l&rsquo;enjeu d\u00e9passe la simple guerre des emballages. La crise actuelle rappelle l&rsquo;urgence de renforcer structurellement l&rsquo;acc\u00e8s au r\u00e9seau public d&rsquo;eau potable. Car, si la protection de l&rsquo;environnement est une n\u00e9cessit\u00e9 absolue, elle ne peut se faire au d\u00e9triment du droit humain fondamental \u00e0 une eau saine, disponible et abordable.<\/div>\n<div dir=\"auto\"><\/div>\n<div dir=\"auto\"><b>Ibrahima Sory Bangoura<\/b><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Boire de l\u2019eau potable au quotidien rel\u00e8ve d\u00e9sormais du d\u00e9fi \u00e0 Conakry. L\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019interdiction des sachets plastiques \u00e0 usage unique a brutalement redirig\u00e9 la demande vers l\u2019eau conditionn\u00e9e en bouteille. 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