Maria Branyas Morera était la personne vivante la plus âgée sur Terre et depuis sa mort en août 2024, elle se trouve au centre de l’intérêt scientifique. Des chercheurs de Barcelone, en Espagne, ont étudié son microbiome intestinal afin de comprendre ce qui peut expliquer l’incroyable longévité de cette femme de 117 ans.
Les résultats de l’étude n’ont pas encore été évalués par des pairs, or, ils donnent néanmoins un aperçu de la manière dont les choix alimentaires pourraient contribuer à prolonger votre durée de vie. Car c’est bien ce que montre les résultats de la recherche : l’alimentation de Maria Branyas Morera est un des facteurs qui peut expliquer sa longévité.
Il a déjà été établi par de nombreuses études que l’alimentation joue un rôle non négligeable sur l’espérance de vie en bonne santé. Les chercheurs espagnols ne font que confirmer ce que nous savions. Les personnes qui consomment régulièrement des aliments ultra-transformés, riches en graisses, en sel et en sucre (sans parler des nombreux conservateurs et épaississants ajoutés) s’exposent à davantage de risques de maladies (surpoids, maladies cardiaques, diabète, cancer…). Au contraire, il a été prouvé que les adeptes du régime méditerranéen vivent plus longtemps et en meilleure santé. Ce mode d’alimentation privilégie les fruits et légumes frais, le poisson, les fruits à coque et l’huile d’olive.
« Un régime riche en fruits et légumes et trois yaourts par jour »
L’étude espagnole suggère que Mme Morera présentait un intestin exceptionnellement sain et que ses cellules fonctionnaient comme si elles avaient 17 ans de moins que son âge. Plus précisément,  les chercheurs affirment que son microbiome était « anti-inflammatoire » et contenait des niveaux élevés de bifidobactéries – un genre de bactéries gastro-intestinales, qui réside dans notre tube digestif.
Avant de mourir, Mme Morera a déclaré à un journaliste que le secret de sa longévité était d’éviter de fumer et de boire de l’alcool, de faire des promenades quotidiennes, de suivre un régime riche en fruits et légumes et de manger trois yaourts par jour.
Les chercheurs estiment que le régime alimentaire varié de Mme Morera, a contribué à sa santé intestinale et a peut-être même prolongé sa durée de vie.
Les personnes qui ont une plus grande variété de bonnes bactéries dans l’intestin présentent un niveau d’inflammation plus faible, ce qui est connu pour diminuer le risque de souffrir de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques et le diabète de type 2. Une bonne santé intestinale a tendance à augmenter la longévité.
Pourquoi le yaourt est particulièrement bénéfique pour les intestins
Le yaourt nature est particulièrement efficace pour stimuler la santé intestinale car il s’agit d’un aliment fermenté : il est obtenu en chauffant du lait, en y ajoutant des bactéries et en l’incubant. Ce processus produit des probiotiques qui, une fois consommés, aident les intestins à lutter contre les microbes nocifs.
« Le yaourt nature contient des cultures bactériennes vivantes qui aident à maintenir un microbiome intestinal équilibré, qui joue un rôle dans tout, de la digestion à l’immunité, en passant par l’humeur et l’inflammation », a commenté Rob Hobson, nutritionniste et auteur de Unprocess Your Life, à The Independent.
« La consommation régulière de produits laitiers fermentés comme le yaourt a également été associée à des niveaux d’inflammation plus faibles et à un risque réduit de maladies métaboliques, de certains cancers et de déclin lié à l’âge. »
L’expert souligne toutefois que le yaourt n’est pas une solution miracle. C’est la qualité globale de l’alimentation de Mme Morerade et son mode de vie qui lui ont été bénéfiques.
Manger une variété de fruits et de légumes est l’une des meilleures choses que vous puissiez faire pour votre intestin, a-t-il expliqué. Ces derniers sont riches en fibres et en polyphénols, des composés végétaux qui nourrissent les bactéries intestinales bénéfiques et les aident à s’épanouir.
Etre entourée d’amis et fuir les personnes toxiques
La centenaire attribue également sa longue vie au fait d’être entourée d’amis et de famille et d’éviter les « personnes toxiques ».
En effet, il a déjà été démontré que les interactions sociales étaient primordiales pour limiter les risques de maladies neurodégénératives -comme la maladie d’Alzheimer- mais aussi de dépression. L’isolement a déjà été associée à une accélération du déclin cognitif par de nombreuses études.