Située à la charnière naturelle entre le massif du Fouta Djallon et la Basse Guinée, la préfecture de Télimélé occupe une position géographique unique. Bien qu’intégrée administrativement à la région de Kindia, cette localité de 9 000 km² pour une population essentiellement agro pastorale se distingue par une configuration territoriale exceptionnelle.

Le véritable atout de Télimélé réside dans son statut de carrefour. Elle partage ses frontières avec pas moins de huit préfectures : Gaoual, Kindia, Boké, Boffa, Dubréka, Fria, Lélouma et Pita. Cette proximité avec des pôles économiques majeurs devrait, en théorie, faire de la préfecture une plaque tournante du commerce régional. Pourtant, malgré ce potentiel, la localité est restée durant de longues décennies dans l’ombre du développement national.

Pour les habitants, le constat est celui d’une attente prolongée. Oury Bella Diallo, doyen de 73 ans et correspondant local de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP), témoigne de cette évolution lente mais réelle :

« En sept décennies, c’est la première fois que je vois du bitume apparaître dans notre préfecture. Télimélé est longtemps restée dans l’oubli, déconnectée des politiques de développement. Aujourd’hui, nous sentons un frémissement, une volonté de l’État de changer la donne ».

Si les récents travaux routiers marquent un tournant historique pour la ville, le chemin à parcourir reste immense. L’enclavement demeure le principal frein à l’épanouissement de son économie agro pastorale. Pour les observateurs locaux, investir massivement dans les infrastructures de Télimélé n’est pas seulement un acte de justice sociale, c’est un calcul économique stratégique : désenclaver ce carrefour, c’est fluidifier les échanges entre la Moyenne et la Basse Guinée, au bénéfice de l’économie nationale tout entière.

Naby Moussa Soumah

Photo d’illustration