Longtemps cantonnée au rôle d’outsider, l’équipe nationale masculine de Guinée « le Syli Basket » opère une ascension spectaculaire sur l’échiquier international. Portée par une génération de talents dynamiques, une organisation restructurée et un travail de fond rigoureux, la Guinée impose désormais le respect sur tout le continent.
Le Syli Basket a radicalement transformé son image. De petit Poucet, l’équipe est devenue un prétendant sérieux aux titres majeurs. Le manager général de la sélection l’a d’ailleurs martelé : « La Guinée ne vient plus pour faire de la figuration. Notre objectif est de décrocher une qualification historique pour la Coupe du Monde FIBA et, à terme, viser les Jeux Olympiques ».
Les résultats parlent d’eux-mêmes. Lors de l’AfroBasket 2025 en Angola, le Syli a frappé un grand coup dès l’entame en renversant le Soudan du Sud (88-80), l’un des ténors africains. Cette victoire éclatante a été marquée par la performance XXL d’Alpha Diallo, auteur de 28 points et logiquement élu homme du match.
Si la défaite face à l’Angola (84-68) a rappelé l’exigence du haut niveau, la réaction fut immédiate. Une victoire sans appel contre la Libye (83-54), propulsant les guinéens en phase de barrage.
Lors de la première fenêtre des éliminatoires de la Coupe du Monde FIBA 2027, le Syli Basket a terminé en tête de son Groupe C, devançant des puissances comme la Tunisie, le Nigeria et le Rwanda.
Cette première place historique galvanise le groupe alors qu’il aborde la deuxième phase des éliminatoires (fin février et début mars 2026). Malgré des défis financiers persistants, l’engagement reste total. Le soutien des autorités et des partenaires privés sera désormais le facteur clé pour transformer cet essai et atteindre les sommets mondiaux.
Mamadou, international guinéen et figure de cette nouvelle vague, incarne la détermination d’une nation. « Enfant, je jouais piéds nus dans les quartiers de Conakry. Si tout le monde rêvait de football, moi, c’est le ballon orange qui m’a choisi. Je passais mes nuits à regarder la NBA en rêvant de représenter mon pays. »
Aujourd’hui, cadre au sein du projet fédéral, l’ailier se remémore sa première sélection avec une émotion intacte : « La première fois que j’ai enfilé ce maillot, j’ai senti le poids de l’histoire. On ne joue pas pour soi, on joue pour nos familles, pour les gamins qui nous regardent, pour la Guinée entière. »
Pour lui, la révolution est avant tout mentale : « Avant, on venait pour apprendre. Aujourd’hui, on vient pour gagner. On respecte tout le monde, mais on n’a peur de personne. On compense le manque de moyens par le cœur. Quand l’hymne national retentit, la fatigue et les sacrifices disparaissent. »
Au-delà du parquet, Mamadou voit son rôle comme une mission sociale. En inspirant la jeunesse de Conakry, le Syli Basket ne se contente pas de gagner des matchs, mais il construit un héritage.
Ibrahima Sory Bangoura




