Apesanteur, radiations cosmiques, confinement : les conditions extrêmes de l’espace soumettent le corps humain à rude épreuve.
Quand Thomas Pesquet est revenu sur Terre après sa dernière mission de six mois à bord de l’ISS en 2021, il mesurait 3 centimètres de plus qu’à son départ. Cette élongation temporaire de la colonne vertébrale n’est que la partie visible d’un phénomène plus vaste : le corps humain subit de profondes modifications en orbite. Perte de masse osseuse, muscles atrophiés, taille qui augmente de quelques centimètres, cœur qui s’arrondit, risques cardiaques accrus, altération de l’ADN… Nombreuses, les conséquences d’un séjour dans la Station spatiale internationale (ISS) sont principalement liées à l’absence de pesanteur et au manque d’activité physique.
Les os des astronautes fondent dans l’espace
 
Dans la Station spatiale internationale (ISS), où la gravité est bien plus faible que sur la Terre, les muscles et les os du corps humain travaillent beaucoup moins. Conséquence, les spationautes peuvent perdre de 1 à 2 % de densité osseuse par mois au niveau des hanches et de la colonne vertébrale (l’os devient moins riche en minéraux) : c’est ce que l’on appelle l’ostéoporose d’immobilisation. Une baisse considérable, sachant que chez les femmes ménopausées et les hommes âgés la chute est de 0,5 à 1 % par an. Les astronautes font donc des exercices réguliers pour limiter les risques de fracture et d’ostéoporose précoce.
Des altérations de la vue des astronautes
 
En avril dernier, le magazine Radiology a révélé, dans une étude publiée en ligne, que « 60% des membres des équipes de l’ISS ont rapporté des altérations de leur acuité visuelle ». Des examens IRM réalisés sur onze astronautes volontaires ont montré une expansion du volume du cerveau et du liquide cérébrospinal, qui circule dans les espaces vides de la boîte crânienne et de la moelle épinière. Or, en microgravité, les fluides ont tendance à stagner au niveau de la tête, ce qui peut provoquer une compression, notamment sur les globes oculaires. Les chercheurs ont d’ailleurs constaté que ceux des participants étaient légèrement aplatis sur l’arrière, expliquant l’altération de leur vue. Ces modifications ont persisté un an après le retour sur Terre, laissant craindre qu’elles soient irréversibles. Le développement de tenues spatiales comprimantes pour diminuer les fluides dans le haut du corps pourrait constituer une solution.
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