Face au défi de la sécurité alimentaire, ce citoyen de Coyah a fait de la terre son champ de bataille. Entre persévérance et innovation, il nourrit sa communauté tout en appelant à un soutien accru pour le monde rural.
L’accès à la nourriture est devenu un défi quotidien pour la majorité des citoyens. À Kouriah Moryakhori (préfecture de Coyah), Seydouba Camara a décidé de prendre les devants. Pour lui, l’agriculture est bien plus qu’un métier mais plutôt une mission spirituelle et sociale, un moyen de laisser une empreinte positive ici-bas et dans l’au-delà.
Engagé sans relâche pour la promotion de l’autosuffisance alimentaire dans sa localité, il a consacré cette saison à la production d’ananas et aux cultures maraîchères.
Fort de 18 ans d’expérience, M. Camara revient sur ses débuts laborieux : « Le début n’était pas facile. J’ai commencé par la culture de la banane, mais la forte pluviométrie de notre région causait des pertes importantes. Sous les conseils de M. Paul, un ingénieur agronome, j’ai réorienté mon activité vers l’ananas. Nous sommes allés chercher les plants à Kindia (Samoukirri Komoya) pour lancer cette expérimentation. »
Aujourd’hui, cet amoureux de la terre est devenu une référence. Non seulement il maîtrise sa production, mais il transmet également son savoir-faire : « J’ai formé de nombreuses personnes du village à la culture de l’ananas », confie-t-il.

Cette année, Seydouba Camara a géré quatre plantations d’ananas, totalisant plus de 16 300 pieds (répartis en parcelles de 10 000, 3000, 2000 et 1300 pieds).
Toujours en quête d’innovation, il tente actuellement un pari audacieux, comme l’introduction de l’igname de la Haute-Guinée en Basse-Guinée. « J’ai investi 7 500 000 GNF dans l’achat de semences d’igname pour tester si cette culture peut s’adapter à notre sol », explique-t-il.
Les résultats de ce dur labeur sont concrets. Grâce à ses récoltes, M. Camara a pu construire sa maison, nourrir sa famille et assurer la scolarité de ses enfants. Cependant, il estime que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls le poids de la sécurité alimentaire nationale.
Il lance donc un appel pressant aux autorités pour qu’elles investissent davantage dans le secteur et subventionnent les intrants agricoles afin de soutenir ceux qui, comme lui, nourrissent la nation.
Abdoulaye Keita




