En marge de la rentrée parlementaire de la 10ème législature, Dr. Ousmane Kaba, député et ancien ministre de l’Économie et des Finances, est intervenu sur la nécessité d’évaluer l’impact économique et social des décisions publiques, en s’appuyant notamment sur l’exemple de l’interdiction des sachets plastiques.
L’ancien ministre s’exprimait lors d’un panel tenu mardi, 6 octobre 2026, consacré au thème : « Le Parlement, acteur de l’évaluation des politiques publiques : méthodes, outils et bonnes pratiques ». Ce débat était animé par Dr. Bernard Goumou, ancien Premier ministre, ministre d’État et conseiller principal du président de la République.
Dans son intervention, Dr. Ousmane Kaba a pris l’exemple de la restriction des emballages plastiques pour illustrer l’importance capitale de mesurer l’impact d’une mesure avant sa mise en exécution.
« Les économistes réalisent une évaluation a priori, avant la mise en œuvre d’une politique. Pendant son exécution, ils peuvent effectuer un suivi au quotidien, et une fois la mesure appliquée, ils procèdent à une évaluation ex post », a-t-il rappelé.
Selon lui, une étude d’impact préalable permet d’anticiper les effets collatéraux d’une décision sur les ménages et l’économie nationale.
« Faute d’évaluation préalable, l’interdiction du sachet plastique a provoqué une pénurie d’eau », a-t-il déploré.
Pour Dr. Ousmane Kaba, cette situation dépasse la simple hausse du prix du sachet d’eau et menace directement l’accès des populations à l’eau potable.
« L’eau est un besoin fondamental. Cette mesure a des répercussions directes, à commencer par l’inflation », a-t-il soutenu.
L’économiste a également averti que les conséquences sanitaires pourraient s’avérer graves, particulièrement dans les zones à forte densité démographique telles que les grandes agglomérations et les sites miniers.
« Dans ces zones à forte concentration humaine, la population risque de se tourner vers de l’eau non potable, s’exposant ainsi à la résurgence de maladies hydriques, comme le choléra », a-t-il mis en garde.
Pour le parlementaire, le cas du secteur de l’eau démontre l’urgence pour les autorités publiques d’anticiper les répercussions de leurs arbitrages.
« L’évaluation des politiques publiques consiste précisément à mesurer les conséquences d’une décision avant de la promulguer », a-t-il dit.
Dr. Ousmane Kaba a, enfin tenu à clarifier la répartition des rôles entre l’Exécutif et le Législatif en matière de contrôle et de suivi.
« C’est là toute la différence entre le gouvernement et le Parlement. Le gouvernement doit mener des études d’impact a priori, en amont de toute décision. De son côté, le Parlement intervient principalement ex post, pour évaluer l’efficacité des politiques une fois celles-ci déployées », a-t-il conclu.
La Rédaction
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