À Ratoma, le ton monte et la colère gronde. À l’approche des élections communales, une grande partie de la jeunesse affiche désormais une position sans équivoque : tourner définitivement la page de l’ancienne délégation spéciale dirigée par Ahmed Sékou Traoré.
Dans les quartiers, le constat est sévère, parfois implacable. Beaucoup de jeunes dénoncent une gestion qu’ils jugent stérile, marquée par une absence criante d’initiatives en faveur du développement local. Formation, emploi, accompagnement des jeunes, projets structurants : autant de chantiers qui, selon eux, sont restés au point mort.
« Ratoma a été abandonnée à elle-même », lâche un jeune leader communautaire, amer.
Mais au-delà du manque de résultats, c’est surtout le climat social qui inquiète. Plusieurs jeunes accusent l’ancien président de la délégation spéciale de n’avoir ni apaisé les tensions ni renforcé le vivre-ensemble dans une commune pourtant réputée sensible. Pire, certains estiment que son passage a contribué à accentuer les fractures.
La critique ne s’arrête pas là. Une gestion qualifiée de fermée, opaque et éloignée des réalités du terrain revient régulièrement dans les témoignages.
« On ne savait ni où allaient les décisions, ni dans quel intérêt elles étaient prises », déplore un autre jeune acteur associatif.
Face à ce bilan jugé négatif, une ligne rouge est aujourd’hui tracée par une partie de la jeunesse : pas question de cautionner un retour sur la scène politique locale. Le message est clair et assumé : place au renouvellement.
Dans cette dynamique, certains jeunes dénoncent également des manœuvres qu’ils considèrent comme des tentatives de manipulation, évoquant des mobilisations organisées pour donner l’illusion d’un soutien populaire. Une situation qui, si elle se confirmait, viendrait entacher davantage la crédibilité du processus démocratique à Ratoma.
Interpellant directement le chef de l’État, le Président Mamadi Doumbouya, ces jeunes appellent à une vigilance accrue. Ils demandent qu’une lumière soit faite sur la gestion passée et que toutes les garanties soient réunies pour des élections transparentes, inclusives et apaisées.
Car pour eux, l’enjeu est capital : redonner à Ratoma une direction crédible, capable de répondre aux attentes des citoyens et de porter une véritable vision de développement.
Aujourd’hui, le message est sans détour : la jeunesse de Ratoma refuse toute continuité avec un système qu’elle juge défaillant. Elle réclame une rupture nette, un nouveau départ et des dirigeants à la hauteur de ses ambitions.
Ratoma ne veut plus reculer. Elle veut avancer.




