Une discipline sportive de football peu connue du public guinéen. Il s’agit d’un sport qui se joue à six (cinq joueurs de champ plus un gardien de but) sur un terrain de 50 mètres sur 30 mètres. Les buts mesurent 4 mètres de large, la surface de réparation est de 5 mètres, et la durée réglementaire d’un match est de deux mi-temps de 25 minutes. En cas de match nul lors des phases à élimination directe, des prolongations et des tirs au but sont prévus.
Après l’affiliation de la République de Guinée en janvier, le président de la fédération guinéenne a œuvré pour que notre pays se hisse au niveau du World Mini Football et de la CAN Mini Football. C’est ainsi que la Guinée a été sélectionnée pour participer à la 4ème édition de la CAN Mini Football, qui se tiendra à Dakhla en Libye. C’est une discipline qui exige beaucoup de technicité et d’endurance, des atouts certains pour un jeune joueur.
Votre carrière d’entraîneur ?
 
Abdoul Aziz Sow : J’ai d’abord commencé comme entraîneur-éducateur. Mes véritables débuts ont eu lieu à Labé, où j’ai entraîné l’équipe scolaire du Lycée Général Lansana Conté, avec laquelle nous avons été champions de la préfecture et de la région de Labé. Par la suite, j’ai rejoint le Guebou Sporting Club féminin de Labé et j’ai participé au championnat national à Boké, la première compétition scolaire qui s’est déroulée en 2010.
De retour à Conakry en 2012, j’ai fondé mon académie sportive, l’Étoile Filante de Guinée, que j’ai moi-même entraînée. Au fil du temps, j’ai eu l’opportunité de diriger diverses équipes, notamment celles des communes urbaines de Lelouma et Telemelé, ainsi que l’équipe du quartier de Sangoya, où j’étais l’entraîneur principal lors du tournoi Inter-quartiers.
Aujourd’hui, je suis titulaire d’une Licence C-CAF et d’une Licence D-CAF. J’ai également des diplômes en gestion des organisations sportives, en management du sport et je suis spécialiste en administration des sports. Mes compétences en administration m’ont même permis d’occuper le poste de secrétaire général du Fatala Football Club de Boffa. J’ai également fait partie de plusieurs staffs en tant que responsable ou membre de la cellule de communication de clubs comme le Wakriya AC et le Lelou Football Club de Lelouma. J’ai aussi été en charge du recrutement pour le Dima AC de Koubia à Labé.
Le football est une passion depuis mon enfance. N’ayant pas eu la chance de devenir footballeur professionnel, j’ai toujours souhaité rester un acteur majeur de ce sport et y contribuer à ma manière. C’est ce cheminement qui m’a conduit à devenir l’entraîneur de l’équipe nationale senior de Mini Football.
Comment conciliez-vous le football et le journalisme ?
Abdoul Aziz Sow : Lorsque j’étais étudiant, j’entraînais déjà, et j’aimais ces deux métiers. Au début, j’ai rencontré des difficultés, notamment à Lynx FM, où j’ai eu de nombreuses sanctions et suspensions. Mon objectif était d’être sur le terrain avec les enfants chaque jour à 15 h, ce que mes supérieurs avaient du mal à comprendre. Cependant, je tenais absolument à faire les deux. Au fil du temps, nous avons trouvé un accord : je pouvais partir à 15 h les autres jours, à condition de réaliser toutes mes émissions du samedi à 19 h. C’était un compromis qui me permettait de vivre ma passion. J’étais même prêt à abandonner le micro pour me consacrer à l’entraînement !
Il était essentiel de concilier les deux : mes compétences de journaliste m’assurait une base économique en tant qu’employé, et l’entraînement était avant tout une passion. C’est en 2021 que j’ai validé ma Licence D-CAF et mon diplôme de management des sports, ce qui m’a permis de me concentrer davantage sur mon académie. Entre 2021 et 2022, plusieurs de mes jeunes joueurs ont eu l’opportunité de partir, certains en Ligue 1 guinéenne, d’autres en Afrique, et d’autres encore en Arabie Saoudite, en France, et en Espagne. Cette réussite m’a permis de me concentrer pleinement sur la gestion de ces jeunes talents et de m’affirmer entièrement dans mon rôle d’entraîneur.
La préparation de l’équipe nationale senior de Mini Football
 
Abdoul Aziz Sow : Le Mini Football se joue à six (cinq joueurs de champ plus un gardien de but) sur un terrain de 50 mètres sur 30 mètres. Les buts mesurent 4 mètres de large et la surface de réparation est de 5 mètres. La durée réglementaire d’un match est de deux mi-temps de 25 minutes, avec des temps additionnels et des prolongations en cas de match nul en élimination directe.
Après l’affiliation de la République de Guinée en janvier, le président de la fédération a œuvré pour que notre pays se hisse au niveau du World Mini Football et de la CAN Mini Football. C’est ce qui a permis à la Guinée d’être retenue pour la 4ème édition de la CAN Mini Football qui se tiendra en Libye.
Au début, j’avais un groupe de 25 joueurs. Nous avons ensuite réduit l’effectif pour ne retenir que les meilleurs et ceux qui avaient le plus de potentiel. J’ai aussi organisé des matchs amicaux pour bien évaluer les joueurs. Aujourd’hui, j’ai officiellement retenu 15 joueurs, et je suis très satisfait de mon effectif. Il est important de noter que nous n’avons pas de championnat de Mini Football en Guinée. C’est une nouvelle discipline, et si les jeunes Guinéens ont une excellente technicité, leur point faible reste le repli défensif et la multiplication des efforts défensifs. C’est un aspect sur lequel nous devons travailler énormément pour bâtir une équipe très solide et dynamique, capable de représenter dignement la République de Guinée à cette compétition.
Quelles ont été les modalités de votre choix des joueurs ?
Abdoul Aziz Sow : Je me suis concentré sur trois critères principaux. Premièrement, la technicité, car sans elle, le jeu est impossible. Deuxièmement, l’aspect physique des joueurs, c’est-à-dire leur capacité à fournir beaucoup d’énergie sur le terrain, à faire des allers-retours constants. Un joueur, quelle que soit sa qualité technique, s’il est incapable de courir, aura beaucoup de difficultés dans cette discipline. Un seul joueur fatigué sur le terrain peut compromettre le match pour toute l’équipe. C’est pourquoi cet aspect est crucial. Troisièmement, l’expérience. Il était essentiel de mélanger les jeunes talents et les joueurs plus expérimentés pour créer une complémentarité et bâtir une équipe digne de nous représenter à Dakhla en Libye.
Comptez-vous désormais vivre de ce métier ?
 
Abdoul Aziz Sow : J’ai toujours dit que c’est une passion d’enfance. Je ne regrette absolument pas ce que je fais, et je le fais avec amour et passion. Honnêtement, j’aime ce métier et je compte bien donner le meilleur de moi-même pour servir au mieux ma grande Nation. C’est pourquoi, après la CAN Mini Football, j’ai des projets de formation. Je ne m’arrête pas là, car comme je l’ai dit : « Pour être grand, il faut mettre en place les conditions pour l’être. »
Votre message
 
Abdoul Aziz Sow : Mon message s’adresse aux autorités guinéennes, et particulièrement au président bâtisseur, le Général Mamadi Doumbouya. Je m’adresse à lui car il a parlé de la promotion de la jeunesse. Aujourd’hui, nous avons un jeune président à la fédération guinéenne de Mini Football. Le président Général doit nous aider à réunir toutes les conditions nécessaires pour bien représenter dignement notre pays à cette compétition.
Propos recueillis par Ibrahima Sory Bangoura