Depuis trop longtemps, le quotidien des guinéens est rythmé par un paradoxe insupportable, celui de payer des services de télécommunications parmi les plus chers de la sous-région pour une qualité qui frise l’amateurisme. Orange Guinée, leader incontesté du marché, semble avoir instauré une culture de la médiocrité là où l’excellence devrait être la norme.
Le constat est amer dans les foyers, les bureaux et les marchés de Conakry jusqu’au fin fond de la Guinée profonde. L’internet, moteur de l’économie moderne, est devenu une source de frustration permanente : des pages qui ne chargent jamais et des vidéos qui saccadent, malgré l’achat de pass de plus en plus onéreux. Des coupures intempestives, parfois même des interruptions totales de réseau (comme celle vécue début janvier 2026), paralysant les activités économiques et les transactions Orange Money. Une qualité vocale médiocre, des appels qui tombent ou qui ne parviennent jamais à destination, obligeant les usagers à multiplier les tentatives pour une simple conversation.
Comment accepter que les crédits et les données mobiles s’évaporent à une vitesse suspecte sans que le service rendu ne soit à la hauteur ? Les abonnés ont le sentiment d’être les victimes d’une machine à cash qui privilégie ses dividendes au détriment de l’investissement dans des infrastructures robustes. La communication de la société, souvent réduite à des messages d’excuses répétitifs après chaque panne, ne suffit plus. Le respect du client commence par la fourniture d’un service pour lequel il a payé.
Les guinéens ne demandent pas l’aumône, ils réclament justice et efficacité. Il est temps de mettre fin à ce qui s’apparente à une prise d’otage technologique. Le peuple attend donc du nouveau ministre qui sera nommé à ce poste de prendre des mesures draconiennes face à cette situation qui continue de fatiguer les pauvres citoyens depuis belles lurettes. Cela, en commençant par des audits techniques indépendants pour vérifier la capacité réelle des infrastructures d’Orange face au nombre croissant d’abonnés. Infliger des sanctions exemplaires à la société qui impactent réellement les bénéfices des opérateurs en cas de non-respect du cahier des charges. Instaurer une règle obligeant l’opérateur à dédommager systématiquement chaque abonné en cas de panne de réseau prolongée. Et revitaliser réellement le secteur pour qu’Orange ne se repose plus sur une position de quasi-monopole qui tue toute incitation à l’amélioration.
Le numérique ne doit plus être un luxe ou un calvaire, mais un droit effectif pour le développement de notre nation.
À suivre..!
Par Sékouba Kourouma pour Actu7.com
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