La République démocratique du Congo a écrit une nouvelle page de son histoire footballistique. Les Léopards ont validé leur qualification pour la Coupe du monde 2026, mettant fin à une attente de 52 ans depuis leur unique participation en 1974, à l’époque du Zaïre.
Une qualification arrachée au bout du suspense, c’est au terme d’un match haletant face à la Jamaïque que la sélection congolaise a décroché son billet pour le Mondial. Opposée aux “Reggae Boyz” lors d’un barrage intercontinental disputé à Guadalajara, la RDC s’est imposée 1-0 après prolongation.
Le but décisif est intervenu à la 100e minute, grâce à une réalisation d’Axel Tuanzebe sur corner. Une délivrance pour toute une nation, après plusieurs occasions manquées durant le temps réglementaire.
La fin d’un long désert mondial, cette qualification marque le grand retour de la RDC sur la scène mondiale, plus d’un demi-siècle après sa première participation en 1974. À l’époque, le pays, alors appelé Zaïre, avait connu un tournoi difficile, mais était entré dans l’histoire comme l’un des pionniers africains en Coupe du monde.
Depuis, les générations se sont succédé sans parvenir à retrouver le chemin du Mondial jusqu’à cet exploit historique.
Une équipe construite dans la durée, sous la direction du sélectionneur Sébastien Desabre, la RDC a progressivement bâti une équipe solide et compétitive. Le parcours de qualification a notamment été marqué par des performances solides face à des nations comme le Cameroun et le Nigeria.
Portée par un collectif discipliné et des joueurs évoluant dans de grands championnats, la sélection congolaise récolte aujourd’hui les fruits de plusieurs années de travail.
Qualifiée pour un Mondial 2026 élargi à 48 équipes, la RDC s’apprête désormais à affronter les meilleures nations du football mondial. Elle évoluera dans un groupe relevé avec notamment le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan.
Pour les Léopards, l’objectif sera désormais clair : faire mieux qu’en 1974 et marquer durablement l’histoire du football africain.
Selon Patrick, j’ai 43 ans, et je suis supporter des Léopards depuis que je suis enfant. Aujourd’hui, je peux enfin dire que j’ai vu la RDC se qualifier pour la Coupe du monde. C’est difficile à expliquer, c’est plus qu’un match, plus qu’une victoire. C’est une émotion que tout un peuple partage.
Quand l’arbitre a sifflé la fin du match, je n’ai pas pu me retenir. J’ai crié, j’ai pleuré. J’ai pensé à mon père qui me racontait le Mondial 1974, à cette époque où le pays s’appelait encore Zaïre. Pour lui, c’était un souvenir lointain, pour moi, c’est devenu une réalité.
Pendant des années, on a espéré, on a été déçus, on a continué à croire malgré tout. Chaque campagne de qualification nous laissait un goût amer. Mais cette fois, c’était différent. On sentait que l’équipe avait quelque chose en plus : de la solidarité, de la fierté, du cœur.
Dans les rues, c’était la folie. Les gens chantaient, dansaient, brandissaient le drapeau. Des inconnus se prenaient dans les bras comme des frères. Ce soir-là, il n’y avait plus de différences : juste des Congolais unis par la même joie.
Cette qualification, ce n’est pas seulement pour les joueurs. C’est pour tout un pays. Pour tous ceux qui n’ont jamais cessé d’y croire.
Aujourd’hui, on peut rêver plus grand. Et quoi qu’il arrive à la Coupe du monde, pour nous, la victoire est déjà là.
Ibrahima Sory Bangoura




