La Guinée a franchi une étape décisive dans sa quête d’autonomie énergétique et d’accès universel à l’électricité avec la présentation officielle de son Pacte National de l’Énergie. Présidé ce mercredi 30 juillet 2025 par le premier ministre, Chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, en présence de représentants gouvernementaux, de partenaires techniques et financiers, et d’acteurs du secteur privé, cet atelier marque le début d’une transformation ambitieuse du paysage énergétique guinéen.
Ce pacte s’inscrit dans le cadre de la « Mission 300 », une initiative conjointe de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement (BAD). L’objectif vise à positionner la Guinée comme un acteur majeur de la transition énergétique en Afrique de l’Ouest et assurer un accès universel à une énergie fiable, durable et inclusive d’ici 2030.
Président la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a souligné les enjeux cruciaux de cette ambition qui, selon lui, va permettre à 8,9 millions de Guinéens supplémentaires d’accéder à l’électricité, porter l’accès à la cuisson propre à 35 %, et atteindre 67 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique national. C’est un engagement à la fois environnemental, économique et social.
La présentation du pacte a été suivie d’un panel sur l’électrification nationale, ses défis et ses perspectives. Le gouvernement entend accélérer les réformes, notamment en renforçant la production énergétique par les parcs solaires, en sécurisant le transport de l’électricité, en optimisant les financements et en réduisant la dépendance budgétaire par une rationalisation des dépenses publiques.
Selon le premier ministre, le gouvernement met également l’accent sur le désendettement à partir de 2026, en s’engageant à assainir le passif lié aux grands projets énergétiques comme Kaleta, Souapiti ou certaines centrales thermiques. Pour favoriser la croissance du secteur, les autorités appellent à la simplification des procédures administratives afin de stimuler les investissements privés et de créer un écosystème énergétique attractif et durable, propice à l’industrialisation du pays.

Le représentant de la Banque Mondiale, Issa Diaw, a salué les efforts déjà entrepris, notamment l’extension du réseau et les avancées en matière de gouvernance. Il a réaffirmé le soutien financier de l’institution, avec un engagement de 132 millions USD pour la phase 2 du projet d’amélioration de l’accès à l’électricité, sur un total de 272 millions de dollars.
Selon M. Diaw, ce pacte est destiné à devenir un véritable contrat social et énergétique, fondé sur cinq piliers : la production compétitive ; l’extension des réseaux ; l’électrification décentralisée ; un environnement favorable à l’investissement privé ; et la viabilité financière du secteur.
Ce pacte dit-il, illustre une transformation profonde du modèle de développement énergétique du pays. Ensemble, nous pouvons relever le défi de l’accès universel à l’énergie.
La Banque Mondiale a réitéré son engagement à apporter son appui technique, à financer les projets structurants et à partager les expériences internationales pour mettre à l’échelle les solutions éprouvées. Cela demandera l’apport du gouvernement, mais aussi du secteur privé et des communautés.
Sekouba Kourouma
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