En Guinée, le quotidien des populations est devenu une véritable équation à plusieurs inconnues. Dans les marchés de Madina, de Matoto ou de l’intérieur du pays, l’ambiance n’est plus seulement aux échanges commerciaux, mais aux complaintes. Ce qui était hier un produit de base, accessible aux bourses les plus modestes, devient aujourd’hui un symbole de cette vie chère qui étrangle le citoyen lambda.
Pour en savoir plus, il suffit de faire un tour dans les marchés et dans les boutiques des différents quartiers du pays, principalement Conakry pour vivre de ces réalités.
La boîte de sardine, compagnon fidèle du petit-déjeuner ou du repas rapide, a bondi de 5 000 FG à 8 000 FG. Une augmentation de plus de 50 % qui pèse lourd sur celui qui gagne sa vie au jour le jour. La boîte de corne bœuf, autrefois refuge protéiné des familles, est passé de 12 000 FG à 14 000 FG.
Au-delà des produits manufacturés, c’est toute la chaîne alimentaire qui vacille. Le riz, l’huile, le sucre, et même les produits locaux subissent une valse des étiquettes souvent dictée par l’humeur des vendeurs, qui eux-mêmes tentent de survivre à la hausse des coûts de transport.
Cette asphyxie financière ne sort pas du néant. Elle est le résultat d’un cocktail toxique de facteurs, car, la Guinée importe une grande partie de sa consommation. Les crises mondiales et les coûts du fret maritime se répercutent directement dans les assiettes des citoyens. Aussi, malgré les efforts, le prix du carburant reste un levier qui, lorsqu’il bouge, fait grimper tout le reste. Transporter un sac de piment ou de riz de la forêt vers la capitale coûte désormais une petite fortune. Ensuite, la faiblesse de la production locale et l’absence de contrôle rigoureux sur les prix permet à certains intermédiaires de spéculer, aggravant la souffrance des populations.
Aujourd’hui, on ne parle plus de bien manger, mais de tromper la faim. Les ménages sacrifient la qualité nutritionnelle pour la quantité, et souvent, même la quantité vient à manquer. La classe moyenne s’effrite, et les plus vulnérables basculent dans une précarité extrême.
Le défi de l’année 2026 pour nos dirigeants n’est pas seulement de construire des routes ou d’extraire de la bauxite, mais de stabiliser le prix des denrées depremièrenécessité.
Sékouba Kourouma pour Actu7.com
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