Le 5 avril 1973, la Guinée perdait l’une de ses plus illustres icônes, Aboubacar Demba Camara. Cinquante-trois ans après sa disparition, sa voix demeure un pilier de l’identité culturelle africaine, vibrant toujours avec la même intensité.
Né en 1944 à Conakry, Demba Camara s’est imposé précocement comme un prodige. Dès 1963, il devient le chanteur principal du mythique Bembeya Jazz National, dont il sera l’âme, le leader et le compositeur emblématique. Sous son impulsion, l’orchestre connaît une ascension fulgurante, devenant le porte-étendard de la Guinée indépendante et de la fierté panafricaine.
Surnommé le « Dragon » de la chanson africaine, il marquait les esprits par sa voix de stentor, sa présence scénique électrique et sa capacité à traduire les aspirations de tout un peuple. Au sommet de son art, il était célébré comme l’une des plus grandes voix du continent.
Mais, le destin bascule le 31 mars 1973 lors d’une tournée à Dakar. Victime d’un grave accident de la route, Aboubacar Demba Camara succombe à ses blessures dans la nuit du 4 au 5 avril. Sa mort provoque un séisme émotionnel en Afrique principalement dans partie Ouest. À Conakry, ses funérailles nationales témoignent de l’amour immense que lui portait le peuple guinéen.
Aujourd’hui, son héritage reste une source d’inspiration inépuisable pour les nouvelles générations d’artistes.
Seny Soumah, 75 ans, se souvient encore de l’homme :
« Aujourd’hui, je me souviens. Je ne suis qu’un simple citoyen, mais le nom d’Aboubacar Demba Camara résonne en moi comme celui d’un géant. Son héritage traverse les générations sans jamais s’effacer. Quand j’écoute ses chansons avec le Bembeya Jazz, j’ai l’impression de revivre une époque où la musique portait l’âme d’un peuple, où chaque note racontait notre histoire, nos luttes et nos espoirs. On l’appelait le « Dragon », et ce n’était pas un hasard, car, il possédait une voix qui touchait le cœur et une présence qui imposait le respect.
Cinquante-trois ans après, il reste une fierté pour la Guinée et pour toute l’Afrique. Son départ fut une perte immense, mais son œuvre est un trésor que personne ne pourra nous enlever. Que son âme repose en paix » conclut-il.
Par Ibrahima Sory Bangoura pour Actu7.com




