Le climat politique s’alourdit à Dixinn. Alors que la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) affine ses structures, une voix de poids s’élève pour dénoncer ce qu’elle qualifie de discrimination à ciel ouvert. Mohamed Charles Kolié, figure historique du mouvement RASDEN ayant fusionné avec la GMD, ne décolère pas après son éviction, ainsi que celle de ses troupes, de la liste des 20 membres fondateurs de la commune.
Pour Charles Kolié, le constat est amer. Malgré une présence constante sur le terrain dans les 22 quartiers de Dixinn et l’installation du plus grand village de campagne à la Bellevue, ses équipes auraient été délibérément écartées par le président de la délégation spéciale (PDS) de Dixinn et la directrice de campagne locale.

« Qui a mieux mouillé le maillot que moi à Dixinn ? On a installé des antennes, sensibilisé la population bien avant les dates officielles, et aujourd’hui, on dresse des listes par affinités en oubliant ceux qui ont bâti la légitimité du mouvement sur le terrain » a-t-il dit.

Au-delà de la frustration personnelle, M. Kolié lance une alerte rouge aux autorités nationales, notamment au premier ministre, Amadou Oury Bah et au Chef de l’État. Selon lui, cette gestion clanique de la mairie de Dixinn menace directement la victoire de la mouvance présidentielle aux prochaines élections locales.
C’est pourquoi, il n’a pas manqué de prévenir que si les leaders authentiques sont frustrés, les électeurs se tourneront vers les listes indépendantes.

« Les élections locales ne sont pas comme la présidentielle. C’est un combat de proximité. Si on tue le parti à la base par l’injustice, la GMD perdra Dixinn, et ce sera une honte pour nous tous ».

Pour sortir de l’impasse, « Charles Continuity » propose des mesures fortes afin de garantir la transparence du scrutin de mai 2026. Notamment, le remplacement des PDS par les secrétaires généraux des communes pour assurer l’intérim. Il préconise également la création d’organes mixtes et transversaux incluant les véritables acteurs de terrain. Aussi, dénonce l’instrumentalisation des chefs de quartier par les maires actuels qui souhaitent se porter candidats à leur propre succession.
Si la tension est vive, Charles Kolié croit encore à la tenue d’un scrutin apaisé et démocratique le 24 mai prochain, à condition selon lui, que les compteurs soient remis à zéro. L’intervention récente du premier ministre suspendant le dépôt des listes a été perçue comme un premier signal d’écoute.

À Dixinn, la base reste mobilisée derrière celui qu’elle considère comme son leader naturel, attendant désormais que la loyauté des pionniers soit enfin reconnue par les instances supérieures de la GMD.

Par Sékouba Kourouma pour Actu7.com

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