Face à l’engorgement habituel des artères de la capitale en période de jeûne, les autorités guinéennes déploient les grands moyens. Entre présence accrue sur le terrain et mesures administratives fermes, l’objectif est clair : permettre aux citoyens de regagner leur domicile sereinement avant l’Iftar.
Alors que le mois sacré du Ramadan bat son plein, les grands axes routiers de Conakry font face, comme chaque année, à une affluence massive. La congestion atteint son paroxysme aux heures précédant la rupture du jeûne, créant des files ininterrompues sur plusieurs kilomètres. Ce phénomène impacte lourdement le quotidien des travailleurs, des commerçants et des fidèles, transformant de simples trajets en véritables épreuves d’endurance.
Pour pallier ces difficultés, la Police Nationale, en coordination avec les services de sécurité routière, a instauré un dispositif spécial dès l’entame du mois saint. Des unités supplémentaires ont été mobilisées sur les nœuds stratégiques de la capitale pour réguler le flux et intervenir en temps réel sur les points de blocage.
Outre la présence physique des agents, les autorités ont durci le ton à travers plusieurs mesures phares : l’interdiction formelle de stationnement pour les taxis et transports en commun aux ronds-points et carrefours critiques; la libération des emprises publiques par le dégagement des encombrants gênant la chaussée; la surveillance accrue aux abords des marchés et des zones de forte activité commerciale. Et l’exigence de respect strict du Code de la route, avec une tolérance réduite pour les infractions majeures.
Cette stratégie globale ne vise pas seulement à réduire les bouchons, mais aussi à limiter les risques d’accidents, souvent exacerbés par l’empressement et la fatigue en fin de journée. Les responsables de la sécurité routière insistent sur la réussite de ce plan repose sur le civisme des usagers. Anticiper ses déplacements et faire preuve de patience sont des comportements essentiels pour éviter que des ralentissements mineurs ne paralysent la ville.
Sur le terrain, les efforts semblent porter leurs fruits, même si des défis subsistent. Ibrahima Diallo, commerçant à Kaloum, témoigne de ce changement : « Les années précédentes, je pouvais passer plus d’une heure bloqué entre Madina et Kaloum. C’était épuisant avec le jeûne. Cette année, la présence policière est bien plus visible et mieux organisée. Ce n’est pas encore parfait, car certains conducteurs forcent toujours le passage, mais la circulation est nettement plus fluide. On sent une réelle volonté d’améliorer les choses. »
À Conakry, si le défi de la mobilité urbaine reste entier, la mobilisation exceptionnelle de cette année témoigne d’une volonté de concilier dynamisme urbain et respect de la quiétude liée au mois béni.
Ibrahima Sory Bangoura