À une semaine de la prestation de serment du chef de l’État, les autorités guinéennes ont lancé, samedi, 10 janvier 2026, une opération musclée de libération des emprises publiques. L’objectif vise à fluidifier le trafic et redorer le blason de la capitale avant l’arrivée des délégations étrangères pour l’investiture du Président Mamadi Doumbouya.
Sous l’égide du ministère de la Sécurité, de la Police nationale et des collectivités locales, cette intervention vise à débarrasser les grandes artères des installations anarchiques, étals de fortune et véhicules en stationnement illégal. Le point focal de cette opération reste l’axe stratégique Cosa–Nongo, menant directement au stade Général Lansana Conté, où se déroulera la cérémonie d’investiture le 17 janvier prochain.
Sur le terrain, les forces de l’ordre, appuyées par des engins de levage, n’ont laissé aucune chance aux encombrants physiques. Les véhicules abandonnés ou en infraction ont été systématiquement remorqués vers une fourrière à Cosa. Selon les responsables routiers, cette campagne de salubrité s’étendra rapidement à d’autres axes névralgiques, notamment le tronçon Kaloum-Dixinn-Hamdallaye-Kipé ; l’axe Madina-Gbèssia-Tannerie ; et la liaison entre l’aéroport international et les quartiers de Bambéto et Kipé.
Pour de nombreux usagers, cette reprise en main de l’espace public est une délivrance. « On passait parfois plus d’une heure entre Cosa et Nongo à cause des garages improvisés. Aujourd’hui, on respire enfin », confie Mamadou Diallo, chauffeur de taxi.
Cependant, le coût social de cette opération suscite des inquiétudes chez les petits commerçants. Aïssatou Camara, dont l’étal a été déplacé, exprime un sentiment de résignation : « Nous comprenons la nécessité de libérer la route, mais beaucoup d’entre nous perdent leur seul gagne-pain. Nous aurions souhaité un meilleur accompagnement de l’État. »
Cette opération de grande envergure illustre une fois de plus le défi persistant des autorités guinéennes… Concilier l’exigence d’un urbanisme moderne et ordonné avec la réalité de l’économie informelle dont dépendent des milliers de familles à Conakry.
Ibrahima Sory Bangoura




