Cette nouvelle structure syndicale, qui se veut une force de rupture, entend privilégier l’expertise technique et les solutions concrètes face aux revendications classiques de rue. Le lancement officiel des activités a eu lieu mardi, 13 janvier 2026 à la maison de la presse de Conakry en présence des membres du bureauexécutif.

Entouré des membres de son bureau exécutif notamment Mme Makoura Onipogui (Secrétaire Générale), M. Alpha Baldé (2ème Secrétaire Général) et Mme Marie Yvonne Coumbassa (3ème Secrétaire Générale), le président de l’UGT, Mohamed Lamine Camara, a exposé la vision de son organisation.

Pour les fondateurs de l’UGT, la création de cette structure est née d’un constat amer qui tourne autour de l’érosion des acquis sociaux. « L’initiative est venue de la nécessité. Nous nous sommes rendu compte que le travailleur guinéen n’était plus protégé. Les droits élémentaires, acquis il y a des décennies, ont été vidés de leur essence », a martelé Mohamed Lamine Camara.
L’objectif affiché vise à  restaurer les droits confisqués ; protéger les acquis existants ; innover en créant de nouveaux droits adaptés aux réalités actuelles.

Loin des discours purement revendicatifs, l’UGT se positionne comme un laboratoire d’idées. Le fer de lance de leur programme est la politique médicale. La structure propose la création d’une troisième caisse de sécurité sociale dédiée à la santé universelle de la population guinéenne.
« Notre département santé finalise actuellement une étude de faisabilité pour ce projet. Nous allons démontrer au gouvernement qu’avec une cotisation modique de 5 000 GNF par mois et par citoyen, nous pouvons mobiliser près de 780 milliards par an », a expliqué le président de l’UGT.

Il a également rappelé que ce montant doublerait les investissements actuels de l’État dans le secteur.

Interrogé sur sa différence avec les centrales syndicales traditionnelles, Mohamed Lamine Camara prône une approche intellectuelle plutôt que physique. Pour l’UGT, la grève est le signe d’un échec de compréhension mutuelle.

« Nous sommes une force de proposition. Nous ne concentrons pas notre énergie dans nos muscles, mais dans nos têtes. Si un déséquilibre naît, nous ne viendrons pas seulement pour exiger des augmentations, nous montrerons comment les financer. »

Ancien membre d’autres structures syndicales, le leader de l’UGT a balayé d’un revers de main les querelles de personnes pour se concentrer sur les faits :  « Quand vous êtes dans un milieu et que tout ce qui vous entoure est obscur, c’est que vous êtes la seule lumière. Si les autres ne peuvent pas vous suivre, il faut tracer votre propre chemin. »

Avec ce lancement, l’UGT s’installe dans le paysage social guinéen avec une promesse ambitieuse, celui de transformer le syndicalisme de confrontation en un syndicalisme de solution.

Sékouba Kourouma pour Actu7.com 

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