Une vaste opération de déguerpissement des installations anarchiques a débuté le lundi 9 février 2026 aux abords du grand marché de Madina, dans la commune de Matam. Sous la supervision de Badra Cheickna Koné, président de la délégation spéciale de Matam, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale d’assainissement.
L’objectif vise à libérer les voies publiques pour fluidifier la circulation sur les axes stratégiques, notamment le carrefour Moussoudougou, la route du Niger et le quartier Dabondy.

Selon les autorités, l’occupation irrégulière des trottoirs par des structures de fortune paralysait jusqu’alors la mobilité des usagers et des commerçants eux-mêmes.

Pour Badra Cheickna Koné, il s’agit d’une nécessité de modernisation : « Cette opération répond à une volonté de mettre de l’ordre dans l’espace public. Nous voulons améliorer la mobilité, dégager les trottoirs et, à terme, recaser progressivement les personnes impactées dans des espaces dédiés. »

Le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, s’est également rendu sur place pour réaffirmer l’engagement de l’État à aménager durablement l’environnement urbain après le passage des machines.
Sur le terrain, la réalité est plus brutale pour ceux qui vivent du commerce informel. Un vendeur installé à Madina depuis 15 ans témoigne de son désarroi : « Les agents sont arrivés tôt le matin. Certains d’entre nous n’ont même pas eu le temps de sauver leurs marchandises. Nous ne sommes pas contre l’assainissement, mais où allons-nous ? Nous demandons des solutions concrètes, des espaces aménagés et un recasement digne. Madina, c’est notre vie. »

En septembre 2023, des opérations similaires avaient dégénéré en échauffourées entre forces de l’ordre et commerçants. Si l’objectif de salubrité publique est partagé par beaucoup, l’enjeu social le soutien aux familles dépendantes de ces étals reste le point de friction majeur entre l’administration et les citoyens.

Par Ibrahima Sory Bangoura