Quelques semaines après l’investiture du Président Mamadi Doumbouya, consécutive au scrutin de décembre 2025, le premier gouvernement de la 5ᵉ République est désormais en ordre de marche. Sous la houlette du premier ministre, Amadou Oury Bah, reconduit dans ses fonctions, cette équipe de ministres et secrétaires généraux porte sur ses épaules le poids d’une nation impatiente de voir les promesses de renouveau se transformer en réalités.
Dans les quartiers de la capitale comme dans l’arrière-pays, les attentes sont à la mesure des espoirs suscités par ce nouveau cycle institutionnel. Pour le citoyen lambda, le succès de la 5ᵉ République ne se mesurera pas au prestige des maroquins, mais à l’assiette de la ménagère et à la qualité des services de base.
« Nous avons beaucoup entendu de promesses par le passé, mais aujourd’hui nous attendons surtout des actes concrets. Les nouveaux ministres doivent penser au quotidien de tous les guinéens... Aussi, le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’accès à l’électricité et à l’eau », confie Mamadou Diallo, commerçant à Coléah.
Une demande pressante pour la réhabilitation des infrastructures routières et un accès universel aux soins et à l’éducation. Malgré un sous-sol richissime, le défi reste la redistribution des richesses et l’attraction d’investissements créateurs d’emplois durables. Le nouveau Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, est particulièrement attendu sur le terrain des libertés fondamentales et de l’indépendance du système judiciaire.
Si le choix de la stabilité prévaut avec la reconduction de nombreux cadres, une partie de l’opinion publique et de la classe politique dénonce un remaniement trop timide.
Pour certains, cette équipe manque de sang neuf pour insuffler la rupture promise. À l’inverse, des experts comme l’économiste Dr. Mohamed Cissé plaident pour une approche pragmatique : selon lui, marier l’expérience des anciens et le dynamisme des nouveaux profils est le seul moyen de garantir une continuité dans les réformes de fond sans perdre de temps en phases d’apprentissage.
Au-delà de la gestion sectorielle, c’est le calendrier politique qui presse. Avec les élections législatives en ligne de mire, le gouvernement Bah Oury doit prouver son efficacité pour asseoir la légitimité des nouvelles institutions.
Entre la gestion des finances publiques et l’apaisement du climat social, la marge de manœuvre est étroite. La 5ᵉ République s’est ouverte sur des mots forts ; elle doit désormais s’écrire avec des preuves. Pour les nouveaux ministres, l’heure n’est plus à la célébration, mais à l’administration d’une Guinée qui n’entend plus attendre.
Ibrahima Sory Bangoura




