L’ONG Comité d’appui, de veille et d’alerte sur la mangrove de Konkouré (CAVAMK), présidée par M. Alsény Bangoura, a mené d’importants efforts de reboisement pour protéger les zones de reproduction des espèces halieutiques dans la mangrove de Dubréka.
Cette année, le CAVAMK a reboisé plus de 30 hectares, s’inscrivant ainsi dans un programme de plus grande envergure. « Cette année, nous avons reboisé plus de 30 hectares de mangrove », a déclaré M. Bangoura.
Le CAVAMK est une ONG constituée de groupements locaux dont les membres exercent diverses activités dans la mangrove (coupeurs de bois, maraîchers, pêcheurs, etc.). Lors d’un entretien, M. Bangoura a souligné l’importance de son rôle à la fois comme coordinateur des débarcadères de Dubréka et comme acteur majeur du reboisement.
Il a précisé que l’ONG collabore étroitement avec le ministère de la Pêche pour protéger l’environnement maritime. C’est pourquoi, selon lui, qu’un accord a été signé avec la Fondation chérifienne du Maroc, via le ministère de l’Environnement et du Développement durable et la Direction nationale du milieu marin, pour un projet de reboisement de 100 hectares de mangrove.
Ce projet se déploie sur trois ans : 30 hectares ont été reboisés en 2024, 30 cette année, et 40 autres sont prévus pour l’année prochaine. M. Bangoura a rappelé l’objectif principal du CAVAMK : « la sauvegarde des ressources halieutiques, en commençant par la surveillance participative des lieux et la protection des zones de pêche et de reproduction grâce au reboisement et à la restauration. »
Cette année, l’ONG a planté précisément 30,27 hectares de palétuviers Rhizophora sur plusieurs sites : Babanabyah : 3 ha ; Gbokoma : 1 ha Koperin : 7 ha ; Dassafa : 17,27 ha.
Ces variétés de plantes sont adaptées aux différents types de sols et d’eaux que l’on trouve dans la mangrove (salée et douce). Le CAVAMK a aussi mis en place des pépinières de deux variétés pour fournir des plants à d’autres initiatives locales.
Les travaux de reboisement ont été réalisés par 40 membres de l’ONG, issus des divers groupements. M. Bangoura insiste sur la nécessité de l’implication des communautés pour protéger la mangrove, car ce sont elles qui y mènent les activités. Il a également affirmé que le travail de l’année précédente porte ses fruits : « Ce que nous avons planté l’année dernière a très bien poussé. »
Malgré ces avancées, M. Bangoura a fait part d’une difficulté majeure : « Aujourd’hui, nos efforts pour sauvegarder les ressources vitales sont menacés. »
Il explique que bien que des réglementations protègent les zones de reproduction halieutiques, d’autres autorisations sont délivrées à certaines entreprises pour s’installer dans ces mêmes zones protégées. « Cela a un impact négatif sur les efforts que nous fournissons dans nos activités », a-t-il précisé.
Face à cette situation, le CAVAMK lance un appel à l’État pour qu’il intervienne et fasse respecter la protection de ces écosystèmes essentiels.
Par Abdoulaye Keita




