La Direction Nationale du Pèlerinage, sous la direction d’Elhadj Alhousseïny Fadiga, a organisé une lecture du Saint Coran mercredi, 30 juillet 2025 au Centre Islamique de Donka. Cet événement a rendu hommage aux 21 pèlerins guinéens décédés à La Mecque et en Guinée, parmi lesquels figurait Elhadj Mohamed Lamine Sanoh, Directeur National du Centre Islamique.
La cérémonie, présidée par le Ministre Secrétaire Général des Affaires Religieuses, Elhadj Karamo Diawara, a rassemblé son cabinet, des représentants des ligues régionales et communales, des imams, des agences privées, ainsi que le personnel du département.
Chaque année, des millions de fidèles musulmans convergent vers La Mecque pour accomplir le Hajj, l’un des cinq piliers de l’Islam. Au-delà des rites obligatoires la circumambulation autour de la Kaaba, la prière sur le mont Arafat et la lapidation symbolique des stèles à Mina un moment de profonde spiritualité prend forme dans le calme des mosquées et des campements : la lecture du Saint Coran pour la mémoire des défunts.
Bien que non obligatoire dans le cadre du Hajj, la récitation du Coran pour les morts est une pratique spirituelle très répandue parmi les pèlerins. Dans un esprit de piété filiale ou communautaire, beaucoup consacrent une partie de leur temps à réciter les sourates, dédiant leurs mérites aux âmes disparues – qu’il s’agisse de proches, de figures religieuses ou de l’ensemble de la communauté musulmane.
À l’ombre des tentes de Mina ou dans la quiétude des salles de prière de la Grande Mosquée, des groupes de pèlerins, parfois originaires du même pays, se réunissent pour compléter la lecture intégrale du Coran, souvent répartie entre plusieurs personnes. La sourate Ya-Sin, réputée pour ses vertus en faveur des défunts, est particulièrement mise à l’honneur.
Pour de nombreux fidèles, ce geste représente une manière de relier le vivant à l’invisible. « Je lis le Coran pour mon mari décédé à La Mecque, afin qu’Allah lui accorde Sa miséricorde », confie une veuve, pèlerine originaire de Guinée. C’est aussi une façon pour moi de me rappeler que cette vie est éphémère. »
Les autorités politiques et religieuses guinéennes soutiennent cette pratique, à condition qu’elle se déroule dans la quiétude et ne perturbe pas les rituels officiels. Certains savants rappellent que l’essence du Hajj réside avant tout dans l’intention pure (niyya) et l’accomplissement des obligations prescrites, la lecture pour les morts venant en complément, dans une logique de spiritualité personnelle.
Dans une société où la mémoire des défunts est centrale, le Hajj devient également un moment de connexion entre générations. Certains pèlerins, accomplissant le voyage pour la première fois, le font « au nom de » leurs parents décédés, et y ajoutent la récitation du Coran comme prolongement de cet acte symbolique.
Cette lecture collective, organisée par la Direction du Pèlerinage, se mue ainsi en une prière silencieuse, une offrande spirituelle, un lien tissé entre la Terre et l’au-delà. Elle renforce la portée universelle du message coranique et la solidarité au sein de la Oumma islamique.
Par Ibrahima Sory Camara